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L’avocat David Matas dénonce la proximité idéologique entre Radio-Canada et le régime communiste chinois
Radio-Canada/CBC est loin de faire l’unanimité au Canada. Dans une lettre publiée dans le National Post, l’avocat spécialiste des droits de l’homme David Matas tente de cerner pourquoi la société d’État choisit de propager des propos ressemblant à la propagande du régime chinois plutôt que de réfléter les valeurs canadiennes.

When it comes to covering Falun Gong, both the English and French branches of CBC have adopted a view of the world disturbingly similar to that of the Communist Party of China.
Falun Gong is a spiritual movement that combines ancient Chinese traditions, Buddhist and Taoist practices, and qi gong exercises. Founder Li Hongzhi began writing and speaking about Falun Gong in 1992. The movement took off, growing to a Chinese government estimate of 70 to 100 million practitioners by 1999. The growth was partly attributable to encouragement by the Chinese government itself, which was impressed by Falun Gong’s health benefits.
But in 1999 then-President Jiang Zemin — out of jealousy that something an outsider proposed could become so popular while his own “Three Represents” writings languished in confusion and obscurity — spurred the government to ban the practice. To justify the banning, the Communist Party of China (CPC) developed a conspiracy fantasy. All those individuals engaging on their own or in small groups in harmless, indeed healthful, exercises, the CPC alleged, were part of some vast organization aimed at overthrowing communist rule.
Vous pouvez lire la suite de la lettre ici >>>
Deuxième plainte déposée contre Radio-Canada
Voici la plainte déposée contre Radio-Canada pour son reportage dénigrant et biaisé au sujet du Falun Gong.
Le 27 novembre 2008
Julie Miville-Dechêne
Ombudsman, Services Français
Société Radio-Canada
Chère Madame,
L’Association du Falun Dafa du Canada (AFDC) dépose ce document en guise de plainte plus approfondie en rapport avec notre soumission initiale que nous vous avons envoyée le 31 octobre 2008, dans laquelle nous exprimions de profondes inquiétudes concernant un reportage intitulé Malaise dans le Chinatown, diffusé le 30 octobre 2008 à l’émission Enquête de la société Radio-Canada (SRC). Vous nous avez répondu qu’il s’agit d’une pratique habituelle que de permettre aux responsables de la programmation de répliquer premièrement aux critiques et vous leur avez transmis nos préoccupations.
Malaise dans le Chinatown a été rediffusé à deux reprises dans les jours suivant le dépôt de notre plainte, soit le 1er et le 2 novembre.
Geneviève Guay, directrice du traitement des plaintes, nous a envoyé une lettre datée du 14 novembre 2008. Dans cette lettre, Mme Guay, écrivant au nom des responsables de la programmation, a répondu à notre liste de préoccupations spécifiques par un exposé général n’abordant aucunement les points précis de notre critique et réfutant tout égarement de leur part. La lettre réitère également certaines des informations trompeuses diffusées dans l’émission.
Mme Guay a défendu le reportage en se basant sur ceci :
1. Que le Falun Gong et ses activités sont relativement peu connus au Canada, incluant les médias auxquels les pratiquants participent;
2. Que c’est dans l’intérêt du public d’explorer la structure, les croyances, le financement et les actions du Falun Gong;
3. Que de « nombreuses » actions légales et « plusieurs appels à la police » rendent l’intérêt au Falun Gong justifiable.
Elle ajoute que l’AFDC a refusé d’être interviewée par l’émission sur des questions concernant le « financement, les réseaux de médias, les actions légales et certaines manifestations publiques ». En fait, l’Association du Falun Dafa du Canada n’a jamais affirmé que la SRC n’avait pas de bonnes raisons de faire un reportage sur le Falun Gong ou que ceci n’était pas dans l’intérêt du public. Également, ce n’est pas vrai que l’AFDC a refusé d’être interviewée devant caméra sur la base que le financement et les médias allaient être abordés. En fait, comme il est expliqué dans cette lettre, Mme Lucy Zhou de notre association a discuté longuement et à plusieurs reprises avec Solveig Miller et Léon Laflamme, auteurs du reportage, durant la préparation de celui-ci et elle a ouvertement parlé des questions de financement, de la fondation des entreprises médiatiques et elle a même offert de l’information sur des initiatives démarrées et financées par les pratiquants de Falun Gong dont Mme Miller n’avait pas connaissance et sur lesquelles elle n’avait pas enquêté, comme les efforts pour contourner le blocus d’Internet en Chine. Mme Miller, dans un courriel de suivi après la rencontre de trois heures avec Mme Zhou, a écrit que les informations fournies étaient « en effet très utiles ».
Notre refus d’être interviewés devant la caméra ne provenait pas d’une peur de répéter ces explications devant la caméra. Notre refus est survenu lorsqu’il est devenu clair que la SRC n’avait pas l’intention de présenter le contexte adéquat ou d’effectuer la couverture objective requise afin que les téléspectateurs puissent obtenir une compréhension juste de notre groupe et de ses activités. Ces préoccupations ont été communiquées à la SRC et ont été prouvées bien fondées par le reportage qui a été diffusé. Aucune mention de nos préoccupations n’a été faite dans l’émission.
De plus, il est vrai que les actions légales et autres évènements s’étant produits dans le Chinatown de Montréal valent la peine d’être rapportés – nous n’avons jamais affirmé le contraire. Notre position demeure qu’une telle couverture doit être objective et fournir une mise en contexte adéquate. Sans donner l’information de fond sur l’existence harmonieuse du Falun Gong à Montréal pendant des années avant le début de la persécution et des attaques de Crescent Chau, sans explorer l’ampleur de la persécution et de la diffamation créée de manière à justifier la persécution dont sont victimes les pratiquants de Falun Gong – ce qui explique leur recours à la justice et aux manifestations – et sans révéler l’étendue et la nature des articles diffamatoires que M. Chau a publiés contre le Falun Gong (qui incluent même des accusations de vampirisme et de bestialité), les téléspectateurs ne peuvent tout simplement pas obtenir une compréhension objective des évènements survenus à Montréal qui impliquent le Falun Gong.
Sans une telle mise en contexte, l’exercice du droit fondamental par les pratiquants de Falun Gong de manifester pacifiquement pour dénoncer l’injustice est dépeint comme une perturbation de la communauté, une impression renforcée par l’attention particulière que la SRC accorde à des accusations non prouvées et même à des allégations sans fondement de possible activité criminelle sous la forme d’une menace de mort.
Dans la foulée, « l’exploration » par la SRC des croyances du Falun Gong, que Mme Guay estime être dans l’intérêt du public, n’était pas une exploration du tout. Les téléspectateurs se sont fait servir une attaque biaisée contre les enseignements du Falun Gong, qui ne fournissait aucune compréhension minimale sur ce que les enseignements du Falun Gong préconisent et sur ce en quoi croient les pratiquants. L’émission contenait également des informations erronées sur les croyances du Falun Gong.
Nous continuons de soutenir que leur émission a injustement déformé, rabaissé, vilipendé et discriminé la pratique spirituelle du Falun Gong qui subit actuellement une persécution brutale, reconnue internationalement, exercée par le régime communiste chinois. L’émission engendre artificiellement de la méfiance à l’égard du Falun Gong, sapant donc les efforts effectués par le Falun Gong pour informer les gens au sujet de la persécution barbare dont cette discipline est victime.
La réplique générale des responsables de la programmation démontre qu’ils n’ont pas pris au sérieux nos préoccupations, alors nous contactons l’ombudsman de nouveau. Les responsables de la programmation ne semblent pas intéressés à recevoir la plainte détaillée que nous avions promis, comme le laisse entendre la lettre de Mme Guay nous demandant d’acheminer nos plaintes subséquentes à votre bureau.
Malaise dans le Chinatown trace un portrait trompeur et mensonger du Falun Gong et des pratiquants à travers un reportage clairement biaisé, discriminatoire et ne présentant qu’un seul point de vue. Dès les premières minutes, la discrimination et la partialité sautent aux yeux alors que l’animateur affirme que le Falun Gong « suscite beaucoup de méfiance » et que sa « présence dans nos villes crée un certain malaise ». Quelques secondes plus tard, la journaliste Solveig Miller renchérit avec des propos dénigrants, cette fois-ci qualifiant le Falun Gong de « mouvement religieux peu connu et omniprésent qui dérange ». Ces opinions sont imposées aux téléspectateurs avant même que des « faits » soient présentés. Malheureusement, le reste de l’émission concorde parfaitement avec cette ouverture discriminatoire.
1. Utilisation sélective et trompeuse des faits et des entrevues
L’émission fait une utilisation sélective des séquences d’entrevues pour présenter une perspective à sens unique. Ceci est particulièrement évident dans la partie concernant les allégations de prélèvements d’organes forcés sur les pratiquants de Falun Gong en Chine. En plus de cette utilisation sélective, il y a aussi l’omission volontaire d’informations et de preuves pertinentes et essentielles.
L’affaire des prélèvements d’organes est basée sur un rapport d’enquête coécrit par l’ex-parlementaire et ex-secrétaire d’État pour l’Asie-Pacifique, David Kilgour, qui a également été procureur de la couronne, ainsi que par l’avocat spécialiste des droits de l’homme mondialement reconnu, David Matas. Le rapport se penche sur les allégations que le régime chinois est impliqué dans le prélèvement forcé et la vente des organes vitaux des pratiquants de Falun Gong qui sont prisonniers de conscience, générant ainsi d’immenses revenus pour les instigateurs.
Enquête dépeint ces allégations de prélèvements d’organes comme ayant été largement réfutées et même comme ayant été concoctées en réponse à un échec devant un tribunal. En indiquant nos préoccupations concernant le traitement qu’Enquête a réservé à cette question, nous croyons qu’il est essentiel de tout d’abord relater certains récents développements dans cette affaire, des cas où des organisations et des médias sont arrivés à des conclusions totalement différentes lorsqu’ils ont évalué les mêmes faits et documentation sur les prélèvements d’organes qui étaient disponibles à l’équipe d’Enquête.
Dans les observations concluant son rapport sur la Chine déposé le 21 novembre 2008, le Comité des Nations Unies contre la torture a, se basant sur les mêmes informations qui étaient disponibles à Enquête, sans ambiguïté appelé à une investigation et à la poursuite des individus impliqués dans les prélèvements d’organes sur les pratiquants de Falun Gong.
« L’État-parti [de Chine] devrait immédiatement mener ou commissionner une enquête indépendante sur les allégations que certains pratiquants de Falun Gong ont été assujettis à la torture et utilisés pour les transplantations d’organes et prendre des mesures appropriées pour s’assurer que ceux qui sont responsables de tels abus soient traduits en justice et punis. »
Le rapport complet aborde également d’autres abus dont souffrent les pratiquants de Falun Gong. Il peut être trouvé à cette adresse : http://www2.ohchr.org/english/bodies/cat/docs/CAT.C.CHN.CO.4.pdf De plus, l’édition du 28 novembre 2008 d’un magazine américain respecté, The Weekly Standard, juge que les preuves concernant les prélèvements d’organes sur le Falun Gong sont sérieuses et assez soutenues pour faire de cette question sa page couverture. Un exemplaire de l’article est inclus dans notre soumission(1).
Le contraste entre les conclusions tirées objectivement par des individus et des groupes respectables est frappant lorsqu’on le compare au portrait biaisé et sans fondement de la question des prélèvements d’organes tel qu’abordé par la SRC. En plus du rapport Kilgour-Matas, qu’Enquête tente par tous les moyens de discréditer, existe une pétition signée par 140 médecins canadiens initiée par Dr Gerry Koffman, le représentant canadien de Doctors Against Forced Organ Harvesting.
L’édition du 11 mars 2008 d’un journal canadien réputé qui s’adresse au corps médical canadien, The Medical Post, indique que Dr Koffman a « établi une pétition exhortant le gouvernement canadien à émettre des avertissements aux voyageurs avisant que les transplantations d’organes en Chine incluent l’utilisation d’organes prélevés sur des donneurs non consentants comme les pratiquants de Falun Gong. Il a réussi à recueillir les noms de 140 médecins d’un océan à l’autre. La pétition a été présentée à la Chambre de Communes(2) en décembre 2007 ».
Dans une lettre datée du 27 septembre 2007 adressée à l’Association du Falun Dafa du Canada, l’ex-ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, écrit :
« De plus, depuis mars 2006, le gouvernement du Canada a maintenu un effort constant pour tenter de vérifier et corroborer les allégations sérieuses que les pratiquants de Falun Gong sont la cible de transplantations illégales d’organes. Les responsables du gouvernement canadien ont, sur une base régulière, été en contact avec des organisations non gouvernementales, des pays amis, de même qu’avec le rapporteur spécial des Nations Unis sur la torture, afin de partager l’information. »
La lettre de M. Bernier se référait au rapport Kilgour-Matas comme étant « utile à rassembler l’information disponible sur cette question ».
Il y a également eu, à l’échelle internationale, des appels sérieux demandant une enquête. En mars 2007, Dr Tom Treasure, écrivant dans le Journal of the Royal Society of Medicine(3), la plus importante publication médicale britannique, a jugé les allégations crédibles.
Dr Treasure écrit : « Le nombre de transplantations d’organes pratiquées en Chine et la vitesse à laquelle les organes sont rendus disponibles a alimenté les inquiétudes concernant la provenance des organes. » Il conclut dans son essai : « Ce qui donne de la crédibilité est le fossé numérique entre le nombre rapporté de transplantations comparé à ce qui est possible dans d’autres pays, le court temps d’attente et la confiance avec laquelle les opérations sont offertes dans le marché mondial de la santé, et les tests sanguins routiniers sur [les pratiquants] de Falun Gong [emprisonnés]. »
Cette information ainsi que de nombreuses autres informations supportant la crédibilité des rapports de prélèvements d’organes étaient disponibles à Enquête, mais ont été ignorées de façon alarmante en faveur d’une approche qui se distinguait par son soutien du point de vue du régime chinois concernant cette grave violation des droits de l’homme.
Ces quelques brefs exemples sont fournis pour démontrer le sérieux avec lequel ces atrocités sont considérées par des experts et autorités en la matière et cela expose le portrait trompeur, irresponsable et dangereux de cette atrocité, tel que tracé par la SRC et détaillé ci-dessous. Une documentation plus exhaustive, provenant de sources canadiennes et internationales, au sujet de cette atrocité est incluse dans notre soumission.
Les segments dans l’émission Enquête portant sur les prélèvements d’organes incluaient des entrevues ou déclarations provenant de quatre sources : David Kilgour, David Ownby, Amnesty International et Harry Wu.
Deux de ces sources, David Kilgour et David Ownby, se sont plaints que leurs entrevues avec Enquête ont été éditées de manière à ce que leurs véritables positions ne soient pas représentées. M. Ownby, professeur à l’Université de Montréal et auteur d’un livre sur le Falun Gong, a déclaré à un journaliste de La Grande Époque(4) qu’en réalité il sympathise avec le Falun Gong, mais qu’il sentait que cela n’avait pas été reflété dans les séquences utilisées par l’émission de Radio-Canada.
Au sujet des prélèvements d’organes, M. Ownby est cité dans l’émission disant : « Je n’ai pas vu de preuve comme quoi le Falun Gong serait une cible particulière. » Cette réponse de M. Ownby concerne le rapport Kilgour-Matas lui-même. Toutefois, la citation donne l’impression que M. Ownby réfute l’idée que les pratiquants de Falun Gong ont été assujettis aux prélèvements d’organes en Chine. Ceci ne présente pas adéquatement la position entière de M. Ownby, telle que décrite dans son livre Falun Gong and the Future of China. Dans et ouvrage, Ownby est sceptique quant à savoir si le Falun Gong est une cible « spécifique » des prélèvements forcés, mais il ajoute qu’il « semble probable que les pratiquants de Falun Gong qui font partie d’une population carcérale soient des candidats aux prélèvements, en partie parce que le mouvement est méprisé en Chine ».
Il ajoute : « En d’autres mots, cela ne dépasse pas les limites de la crédibilité d’imaginer que certains pratiquants de Falun Gong emprisonnés ont été la cible de prélèvements d’organes, et de tels rapports dans des sources du Falun Gong sont présents dès l’année 1999. »
Toutefois, de la manière présentée par Enquête, David Ownby semble douter de la possibilité que les pratiquants de Falun Gong soient victimes de prélèvements d’organes.
David Kilgour qui, avec l’avocat spécialiste des droits de l’homme David Matas, a enquêté sur les allégations de prélèvements d’organes forcés sur les pratiquants de Falun Gong, s’est aussi plaint de la manière dont Enquête a présenté son entrevue.
Après avoir discuté avec la journaliste de Radio-Canada pendant une vingtaine de minutes au sujet des preuves qu’il avait recueillies concernant les prélèvements d’organes forcés, l’émission de la SRC ne contenait que deux petites capsules de Kilgour. Plutôt que de présenter au moins une seule des preuves substantielles du rapport Kilgour-Matas, l’émission a seulement montré Kilgour durant quelques secondes disant que les gens devraient lire le rapport. Cependant, Enquête ne mentionne même pas le nom du rapport et ne donne aucune adresse Internet où il peut être consulté.
Commentant sur le reportage d’Enquête durant une entrevue avec La Grande Époque, Kilgour a déclaré : « David Matas et moi sommes allés dans environ 45 pays pour parler de cette question et je pense que je peux dire que notre position n’a jamais reçu un traitement aussi injuste. »
Le rapport Kilgour-Matas est exhaustif : il discute ouvertement des questions et des preuves à partir d’angles différents, une méthode complètement absente dans l’émission Enquête. Le rapport présente 33 types différents de preuves, incluant des conversations téléphoniques enregistrées avec du personnel d’hôpitaux chinois qui admettent vendre des organes de pratiquants de Falun Gong. Les relevés téléphoniques officiels, les heures et les numéros de téléphone sont fournis en preuve à l’appui. MM. Kilgour et Matas possèdent des dossiers impeccables en matière d’intégrité tout au long de leurs longues carrières et ont appuyé et corroboré toutes les preuves présentées dans le rapport qui a été reconnu par des experts dans le domaine médical mentionnés ci-dessus et par plusieurs autres experts également.
Pas une seule des preuves de leur rapport n’est mentionnée dans l’émission.
Il y a aussi sept études différentes qui corroborent et qui sont indiquées sur le site Internet du rapport(5). Elles incluent des rapports par le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, par le Journal of the Royal Society of Medicine, par le Subcommittee on Oversight and Investigations on International Relations by the U.S. House of Representatives et par Kirk C. Allison, PhD, MD, directeur associé du programme de droits de l’homme et médecine à l’Université du Minnesota.
L’émission Enquête ne fait aucune mention de ces études qui corroborent le rapport.
Le rapport Kilgour-Matas a également été scruté par le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Manfred Nowak, qui a inclus les allégations dans son rapport sur la Chine et qui a déclaré trouver le rapport convainquant et préoccupant(6). Certains hôpitaux ont cessé de former des chirurgiens chinois en visite(7) de peur qu’ils participent involontairement aux prélèvements d’organes forcés sur des pratiquants de Falun Gong. Des responsables élus au Canada(8, 9), aux États-Unis, en Australie(10) et dans l’Union européenne ont exprimé leurs profondes inquiétudes quant à cette question et le gouvernement australien a demandé à la Chine de permettre une enquête indépendante au sujet des allégations. Rien de tout cela n’est mentionné dans l’émission Enquête, malgré le fait que Mme Miller s’est fait donner l’adresse Internet du rapport par M. Kilgour lorsqu’elle l’a interviewé, c’est ce que Mme Miller a relaté à Mme Zhou lorsqu’elle a interviewée cette dernière le même jour qu’elle a interviewé M. Kilgour. Enquête a plutôt choisi d’accorder une importance disproportionnée à une voix dissidente, celle de Harry Wu.
Le montage du reportage laisse entendre que M. Wu réfute les découvertes de MM. Kilgour et Matas concernant les prélèvements d’organes sur les pratiquants de Falun Gong lorsqu’il est cité dans l’émission disant : « Ce n’est que mensonge ». Mais en réalité, s’il est cohérent avec ses commentaires passés, cette assertion de M. Wu fait seulement référence à un seul hôpital où M. Wu affirme avoir envoyé des enquêteurs. Toutefois, il y a de nombreuses installations qui sont accusées de participer à cette entreprise très lucrative et l’enquête de M. Wu ne peut même pas être jugée concluante pour la seule installation à laquelle il fait référence.
Ce « mensonge », tel que présenté dans l’émission de Radio-Canada, suggère que les pratiquants de Falun Gong sont des menteurs. Ceux qui seraient arrivés aux mêmes conclusions par des études différentes seraient également des menteurs. MM. Kilgour et Matas seraient eux aussi des menteurs et ils auraient posé ce geste fou de risquer leur réputation impeccable en publiant et en défendant un rapport pour lequel ils n’ont reçu aucune rémunération et qui a été scruté à la loupe.
En fait, M. Wu n’a jamais abordé spécifiquement le contenu du rapport Kilgour-Matas. En mars 2006, il a exprimé du scepticisme quant aux affirmations de deux Chinois disant posséder des informations privilégiées concernant un hôpital près de la ville de Shenyang qui aurait été impliqué dans les prélèvements d’organes. C’est de cette installation qu’il s’agit lorsque M. Wu parle de « mensonge ». En fait, M. Wu a déclaré qu’il croit qu’il est possible que les pratiquants de Falun Gong soient victimes de prélèvements d’organes. Dans une entrevue avec CBS 11 News, le 26 février 2007(11), M. Wu a exprimé un doute que le Falun Gong soit ciblé particulièrement, mais il a dit « Je ne nie pas que [les pratiquants de] Falun Gong pourraient être tués et leurs organes donnés. »
Enquête donne l’impression aux téléspectateurs que M. Wu a investigué et discrédité toutes les allégations concernant les prélèvements d’organes forcés sur les pratiquants de Falun Gong, alors qu’en fait il se réfère à une enquête qu’il affirme avoir effectué auprès d’un seul hôpital chinois.
Il faut aussi souligner que David Kilgour et David Matas ont interviewé Harry Wu avant de publier leur rapport d’enquête. En évaluant les preuves présentées par M. Wu contre d’autres preuves qu’ils avaient recueillies (voir annexe 16, Sujiatun), Matas et Kilgour ont conclu que les tentatives de M. Wu d’invalider les allégations même dans un seul hôpital, Sujiatun, contenaient de sérieuses failles et n’arrivaient aucunement à contredire l’existence des prélèvements d’organes forcés sur des pratiquants de Falun Gong dans cet hôpital. Cette perspective divergente de Matas et Kilgour n’est pas présentée par la SRC, bien que M. Kilgour a été interviewé par Enquête, ou considérant le fait que ce point soit abordé dans le rapport Kilgour-Matas.
Une porte-parole d’Amnesty International apparaît aussi dans l’émission disant que l’organisation n’a pas trouvé de preuve définitive pour confirmer les allégations de prélèvements d’organes. Il est bien connu que le régime chinois interdit à Amnesty d’entrer en Chine pour enquêter sur n’importe quelle violation des droits de l’homme et les sites Internet de l’organisation sont bloqués en Chine. Ceci rend difficile toute collecte de preuves. Aussi, Amnesty International n’a jamais proclamé être une encyclopédie de toutes les violations des droits de l’homme. Et l’ONG n’a jamais nié les allégations. Elle ne fait que déclarer qu’elle est incapable de confirmer les allégations.
En se basant sur la perspective biaisée et trompeuse présentée par Enquête, les téléspectateurs pourraient en conclure que les allégations de prélèvements d’organes ne sont pas soutenues par des preuves concrètes et que la communauté internationale n’a pas accordé d’importance aux allégations. Il s’agit d’une présentation négligente et trompeuse par Enquête et elle est hautement irresponsable, considérant ce qui est en jeu en termes de vies humaines détruites par ce crime horrible. L’affirmation à sens unique dans cette émission de la SRC disant que les allégations ne sont que « mensonge », porte aussi atteinte à la réputation de ceux qui sont mentionnés dans l’émission et qui ont enquêté et corroboré les allégations.
Pour comprendre l’étendue de la déformation de la question des prélèvements d’organes et de l’utilisation sélective des propos des intervenants et par la SRC, nous croyons qu’il est essentiel que l’ombudsman consulte le rapport intitulé Prélèvements meurtriers, incluant l’annexe 16, Sujiatun : www.organharvestinvestigation.net.
Les distorsions dans le segment sur les prélèvements d’organes excèdent ce qui a été mentionné ici et elles seront abordées plus loin dans les sections 5 et 6 de la présente plainte. Aussi, la section 8 aborde mle traitement que la SRC a réservé aux prélèvements d’organes dans des reportages antérieurs, ce qui est également très inquiétant.
2. Représentation erronée et stigmatisation du Falun Gong et de ses croyances
Enquête présente le Falun Gong comme une pratique bizarre, secrète et suspecte. Les croyances du Falun Gong sont constamment représentées faussement et avec sensationnalisme, de sorte que les téléspectateurs ne peuvent obtenir une compréhension de base sur ce qu’est le Falun Gong et pourquoi il organise des activités publiques, des manifestations et des rassemblements. Toutefois, contrairement à ces accusations de culture du secret, les réponses à ces questions se trouvent facilement sur Internet : www.falundafa.org et www.faluninfo.net. Ces deux sites apparaissent dans le haut des résultats de recherche sur Google lorsqu’on tape « Falun Gong ».
Enquête dépeint les adeptes du Falun Gong comme étant étranges et peut-être même dangereux, les décrivant comme « très militants », comme s’étant « imposés » dans les communautés canadiennes et comme posant des gestes bizarres, menaçants et possiblement illégaux. En fait, les pratiquants de Falun Gong font partie de la société et occupent une vaste gamme de professions, plusieurs ayant fait des études avancées, et ils sont des citoyens respectueux et exemplaires.
Le professeur David Ownby écrit, dans son étude(12) sur le Falun Gong :
« En somme, le Falun Gong tel que pratiqué par les Chinois au Canada est un mouvement bourgeois; le pratiquant stéréotype habite en banlieue et conduit une Ford Taurus pour se rendre à son travail [dans le domaine de] l’informatique ou la finance. Ceux qui sont encore aux études partagent des orientations et des aspirations similaires que ceux déjà sur le marché du travail. »
« Mon impression, après avoir passé un temps considérable avec des pratiquants sino-canadiens, en est une d’innocence. Ces gens ont découvert ce qu’est pour eux la vérité de l’univers. Ils sont arrivés librement à cette découverte et, s’ils changent d’avis, ils sont libres d’aller vers quelque chose d’autre. »
La pratique du Falun Gong a été commentée favorablement par des ministres, des parlementaires et des députés provinciaux du Canada. À ce jour, il y a eu plus de 700 prix, proclamations et reconnaissances attribués au Falun Gong et à son fondateur par des gouvernements et des organisations partout dans le monde, incluant plus d’une centaine de proclamations émises par des maires de villes canadiennes.
Un membre du Parlement Scott Reid a rédigé une motion(13), qui a été adoptée à l’unanimité, appelant à secourir les pratiquants de Falun Gong persécutés en Chine ayant de la famille au Canada. M. Reid a commenté(14) : « Je note que chacun des pratiquants qui a été admis au Canada a été un citoyen exemplaire pour ce pays. »
Plusieurs pratiquants se sont fait décerner des prix en raison de leur contribution exceptionnelle à leur communauté et pour avoir œuvrer afin de faire cesser la persécution du Falun Gong en Chine(15). Un exemple récent est le pratiquant de Falun Gong Ramachandran Vaidyanath qui, en septembre, s’est vu décerner le Prix du mérite civique de la Ville d’Ottawa en Action humanitaire, soit une reconnaissance de la société canadienne pour ses efforts visant à faire connaître la persécution du Falun Gong en Chine.
D’autres prix :
• Le 17 novembre 2003, le pratiquant de Falun Gong de Montréal Chen Ruqing a reçu, à l’Assemblée nationale, le Prix du citoyen exceptionnel (Outstanding Citizen Award)(16) émis par le ministère de l’Immigration pour avoir sauvé la vie d’une jeune fille.
• La ministre de l’Immigration, Michèle Courchesne, a déclaré : « À ce que je sache, c’est la première fois qu’un citoyen canadien d’origine asiatique reçoit un tel honneur au Québec. Je suis ravie des contributions à la société de la communauté chinoise et de nos amis chinois. J’aimerais dire merci à nos amis chinois. »
• En 2002, Mme Gai Gongyu (nom anglais Grace Wollensak) a été reconnue(17) par le gouvernement canadien lors de la Semaine de l’action bénévole pour la « contribution vitale que les bénévoles offrent à nos communautés et aux valeurs de notre pays ». Son bénévolat était auprès de l’Association du Falun Dafa du Canada. En 2004, Mme Cindy Chan a reçu une reconnaissance similaire.
• M. Xun Li a reçu(18) le Prix du mérite civique de la Ville d’Ottawa en Action humanitaire en 2005. Mme Lucy Zhou a reçu un prix similaire en 2004.
• En 2006, la pratiquante de Falun Gong Kathleen Gillis a reçu le Prix distingué du mérite civique en Art et culture(19).
• En 2002, les pratiquants de Falun Gong M. Zhang Zhaojin et Mme Zhang Tiejun étaient parmi 66 personnes ayant reçu des prix pour leur travail bénévole exceptionnel dans la communauté, remis par le Toronto Canada Day Celebration Council.
• En 2003, M. Zhang Zhaojin a reçu le Canada Day Achievement Award.
• Jacques Legendre, conseiller municipal de la Ville d’Ottawa, a commenté au sujet d’un site de protestation mis sur pied par des pratiquants pour dénoncer la persécution du Falun Gong : « Personnellement, je passe devant le site de protestation très fréquemment. La situation que je vois toujours en est une de bon ordre en tout temps. Je crois que le groupe est le modèle du bon ordre. »
L’ex-ministre de la Justice, Irwin Cotler, a déclaré(20) durant le Festival du Falun Dafa sur la Colline parlementaire en 2001 :
« Effectivement, ce que nous voyons aujourd’hui en Chine est la ”criminalisation de l’innocence” – la criminalisation d’un groupe spirituel de méditation et d’exercice – tous ses membres sont victimes d’intimidation, d’accusation, de persécution et d’emprisonnement pour aucune autre raison que leur croyance dans les valeurs fondamentales de vérité, compassion et tolérance. »
Le fondateur du Falun Dafa, M. Li Hongzhi, a été formellement nominé au Prix Nobel de la paix à quatre reprises. En 2001, CCN avait rapporté qu’il était un des favoris.
En 2001, il a été nominé pour le Prix Sakharov de la liberté de pensée du Parlement européen. En mars 2001, Freedom House a octroyé à M. Li et au Falun Gong, lors d’une cérémonie au Sénat américain, l’International Religious Freedom Award pour leur travail en faveur de la liberté religieuse et spirituelle.
M. Li a également remporté de nombreux autres prix, incluant certains provenant du gouvernement chinois : http://en.wikipedia.org/wiki/Li_Hongzhi
En 2005, la police d’Edmonton a affirmé(21) que le Falun Gong devrait bénéficier d’une protection spéciale et que les documents diffusés par le consulat chinois qui diffament le Falun Gong (semblables aux articles publiés dans le journal de Crescent Chau) représentaient de la propagande haineuse. Malgré tout cela, Mme Miller choisit d’y aller avec une description sensationnaliste du Falun Gong : « Li Hongzhi croit que la race humaine a été contaminée par des extraterrestres qui seraient à l’origine de la science moderne et de la médecine. Pour soigner ses adeptes, il leur installe une roue dans le ventre. »
De par leur nature, les pratiques spirituelles et les religions comprennent des éléments surnaturels. D’extraire sélectivement les éléments qui paraissaient plus sensationnels tout en ignorant leur contexte ou le contexte général d’un système de croyance aura nécessairement l’effet de les rendre bizarres ou étranges, particulièrement lorsque la croyance elle-même est peu connue au Canada.
Dans la même veine, Enquête aurait pu décrire la chrétienté à ceux qui la connaissent peu en disant que c’est une religion qui enseigne que des bosquets en feu peuvent parler, que les mers peuvent s’entrouvrir, que les vierges peuvent donner naissance et qu’un Sauveur est revenu des morts et qu’il s’est envolé vers le ciel d’où il surveille chaque pensée des croyants – tout cela en omettant de mentionner que les chrétiens focalisent sur l’amour du prochain et la charité.
Présenté à un public qui connaît peu ou rien des croyances chrétiennes, ceci stigmatiserait nécessairement cette religion et la représenterait faussement sans offrir une compréhension plus grande des enseignements. Ceci serait injuste envers la chrétienté et ce serait trompeur et inapproprié. Voilà la manière avec laquelle Enquête a présenté le Falun Gong.
En fait, si on considère le tout dans le contexte approprié du qigong (terme chinois générique pour désigner les pratiques énergétiques), l’installation d’une « roue » dans l’abdomen des pratiquants est en accord avec l’évolution des mécanismes énergétiques des différents systèmes de qigong et cela est compréhensible pour quelqu’un qui connaît le qigong. Les commentaires sensationnalistes d’Enquête n’ont fourni aucun contexte.
La lettre que nous avons reçue de la directrice des plaintes en réponse à nos préoccupations spécifiques affirmait aussi que l’émission cherchait à « explorer les… croyances ». Il n’y avait aucune sorte d’exploration à part ce portrait partial, stigmatisant, sans recherche, inexact et trompeur.
Bien que le professeur Ownby soit généralement bien informé au sujet du Falun Gong, il s’est égaré dans un commentaire qui, contrairement à ce qu’affirme la lettre de Mme Guay, n’a pas « été vérifié à maintes reprises ».
M. Ownby est cité disant que le maître du Falun Gong, M. Li Hongzhi, « se considère comme un bouddha, mais selon la tradition bouddhiste, il peut y avoir beaucoup de bouddhas. Il se compare aussi à Jésus-Christ ».
De tels commentaires peuvent bien entendu être choquants pour les chrétiens et les bouddhistes. En fait, ces deux affirmations sont tout simplement fausses. M. Li ne s’est jamais comparé à Jésus-Christ et ne s’est jamais appelé lui-même un bouddha. Il a spécifiquement demandé aux pratiquants de Falun Gong de ne pas l’appeler un « bouddha ».
Malgré que l’émission ait trouvé le temps pour souligner les aspects « sensationnels » des croyances du Falun Gong, seule une maigre mention a été faite concernant les fondements de la pratique qui mettent l’accent sur la moralité. Les mots Zhen-Shan-Ren (Authenticité-Compassion-Tolérance, en chinois) représentent l’essentiel des enseignements du Falun Gong. Ces principes apparaissent pas moins de 30 fois dans le livre principal du Falun Gong, Zhuan Falun, et on y fait référence des dizaines d’autres fois. Il s’agit du concept le plus central dans la pratique, les principes que les pratiquants de Falun Gong utilisent pour évaluer leurs actions et leurs pensées.
En fait, les principes d’Authenticité-Compassion-Tolérance sont tellement présents dans la littérature du Falun Gong – dans les dépliants, les sites Internet, les livres et les articles – que les mentionner une seule fois au début de l’émission, mais ne pas en discuter dans la séquence abordant brièvement les croyances du Falun Gong, indique que la compréhension des réalisateurs sur le sujet traité était extrêmement limitée, ou bien qu’ils avaient l’intention de mettre ça sous le tapis, car ça ne convergeait pas vers leur portrait d’un « mouvement religieux qui dérange » et qui « crée un malaise ». Considérant que les recherches de Mme Miller ont été assez approfondies et qu’elle a reçu l’aide de Mme Lucy Zhou (nous y reviendrons plus loin), la deuxième hypothèse est la plus probable.
En résumé, le pratiquant de Falun Gong, tel que présenté par Enquête, est quelqu’un qui est différent de vous et moi. Quelqu’un qui n’est pas « normal », considérant ce qui est diffusé dans l’émission comme étant un bricolage de croyances étranges qui sont pratiquées par un groupe dépeint incorrectement comme étant « secret » et ayant peur des médias. À la lumière de la persécution, dont sont victimes les pratiquants en Chine, du harcèlement et de l’intimidation auxquels ils font face dans la communauté chinoise au Canada en raison de la propagande de haine exportée par le régime chinois(22), la représentation d’Enquête est non seulement trompeuse, mais elle peut inciter au préjugé et fomenter l’intolérance.
3. Suggestion que le Falun Gong est « secret » et fuit les médias
Un thème récurrent dans le reportage suggère que le Falun Gong est une organisation secrète qui fuit les médias. Plusieurs personnes qui connaissent un peu le Falun Gong et ses pratiquants savent que c’est plutôt le contraire qui est vrai.
En se référent au Falun Gong et à ses pratiquants, Mme Miller affirme : « Nous avons tenté de découvrir qui ils sont vraiment. On en connaît peu de choses. »
C’est une affirmation des plus surprenantes. Le Falun Gong est loin d’être un mouvement secret. Pour savoir ce que le Falun Gong est « vraiment », on n’a qu’à ouvrir la première page Internet qui apparaît suite à une recherche sur Google.
On tombe sur des sites comme www.vraiesagesse.net (www.clearwisdom.net, en anglais, et www.minghui.org, en chinois) sur lesquels des dizaines de pratiquants de Falun Gong, chaque jour, partagent leurs expériences personnelles sur l’application quotidienne des principes du Falun Gong, sur la persécution qu’ils subissent ou dont ils ont été victimes en Chine ou sur les activités qu’ils
organisent à l’extérieur de la Chine pour informer les gens à propos de la pratique et de la persécution. Un autre site, www.falundafa.org, comprenant un lien pour tous les enseignements de cette discipline, incluant des dizaines de livres et du matériel audio-visuel. Tous les téléchargements sont gratuits pour le public.
On y trouve également une liste de points de pratique partout dans le monde, qui sont d’ailleurs souvent dans des parcs publics. Les groupes d’études et les partages d’expériences sont généralement tenus dans des universités et des centres communautaires.
D’autres histoires personnelles peuvent également être trouvées sur www.faluninfo.net qui inclut des centaines de documents expliquant en détail la persécution du Falun Gong et élabore sur comment les pratiquants répondent à cette persécution. Le site contient en outre des documents de sources externes comme Amnesty International, Human Rights Watch et les Nations Unies ainsi qu’une liste exhaustive de références académiques sur le Falun Gong.
Même après une courte recherche Internet, on constate que les pratiquants de Falun Gong ne s’isolent pas de la société. Ils ont des emplois dans tous les domaines, certains sont étudiants, ils ont une vie familiale active, etc. Ils utilisent simplement leur temps libre pour informer les gens sur la persécutionmdont sont victimes les pratiquants en Chine et aident à faire en sorte que cette répression prenne fin. L’existence même de ce genre de sites, créés et entretenus par des bénévoles, est une preuve tangible que le Falun Gong se dédie à donner le plus de renseignements possible à qui que ce soit à propos de la pratique et des évènements en Chine.
Les journalistes de la SRC, Mme Miller et M. Laflamme, ont d’ailleurs facilement pu trouver et visiter un point de pratique où ils ont été bien reçus par la coordonnatrice du site, Mme Thanh Nguyen. Mme Nguyen leur a expliqué la pratique des mouvements et les principes du Falun Gong et leur a remis des pages de commentaires de pratiquants qui exprimaient comment la méthode leur apportait un bien-être spirituel, mental et physique. Rien de tout cela n’a été mentionné dans le reportage.
Mme Miller déclare que malgré ses efforts, elle n’a pu en apprendre sur le Falun Gong. Ceci contredit un courriel qu’elle a envoyé suite à une longue rencontre qu’elle a eue avec Mme Lucy Zhou.
Mme Miller écrit dans ce courriel adressé à Mme Zhou : « La longue conversation que nous avons eue à Ottawa m’a donné une bonne idée de ce que sont le Falun Gong et les pratiquants. »
À plusieurs reprises dans le reportage, Mme Miller mentionne que Lucy Zhou, une porte-parole bénévole pour l’Association du Falun Dafa du Canada, a refusé d’être interviewée à la caméra. Cependant, aucune mention n’est faite des trois heures de conversation que Mme Zhou a eue avec Mme Miller, lui expliquant la pratique et répondant à ses questions. Un entretien que Mme Miller a trouvé plutôt « utile », selon ses propres mots. Le programme n’a pas mentionné pourquoi Mme Zhou a refusé d’être interviewée.
Lors de cette rencontre de trois heures, Mme Zhou a répondu aux questions de la journaliste allant des poursuites judiciaires engagées contre un journal qui publie des articles diffamatoires à Montréal, à l’établissement d’entreprises médiatiques par des pratiquants de Falun Gong. Elle a expliqué que les pratiquants de Falun Gong, comme tous les membres de la société, ont le droit de démarrer leur propre entreprise. Les pratiquants de Falun Gong, comme plusieurs autres groupes, sont persécutés en Chine, mais les informations sur ces injustices sont censurées dans les médias chinois. Dans ce contexte, quelques pratiquants ont formé des entreprises de presse qui permettent d’offrir de l’information non censurée sur la Chine. Ces compagnies ont été fondées indépendamment et sont la propriété de leur propriétaire.
Mme Zhou a également expliqué et apporté des preuves que, en dépit de plusieurs années d’activité au Canada, l’Association du Falun Dafa du Canada n’a jamais ouvert de compte de banque. Elle a expliqué que l’Association ne peut recevoir de dons, que la pratique du Falun Gong doit être toujours enseignée gratuitement et qu’à aucun moment, l’organisation n’avait accepté ou sollicité des dons d’individus, de gouvernements, d’organisations, etc.
Mme Zhou a même offert à Mme Miller des renseignements sur d’autres projets mis sur pied par des pratiquants que Mme Miller n’avait pas demandés.
Malgré qu’elles aient été basées sur des faits, les explications de Mme Zhou ne semblent pas avoir été ce que les journalistes recherchaient, puisqu’aucune mention de ces explications ou de la rencontre avec Mme Zhou n’a été faite.
Plutôt, Enquête a utilisé un commentaire de Loïc Tassé pour attiser les soupçons quant au financement : « Il est sûr que [...] ce culte du secret qui entoure le Falun Gong les [sic] dessert. Parce que [...] ça laisse penser à toutes sortes d’autres possibilités quant à qui pourrait les financer, quant à leurs objectifs réels, etc. »
Immédiatement après, Mme Miller lance : « Ce sont là des questions que se posent tous ceux rencontrés pendant notre enquête. Parce que l’argent, il en faut pour organiser tous ces évènements et faire vivre un petit empire médiatique. » Le reportage y va ensuite de déclarations injustifiées suggérant que le financement proviendrait d’organisations anti-communistes, des gouvernements américain et taiwanais.
Il semble que les journalistes aient considéré le refus d’être interviewée à la caméra de Mme Zhou comme un permis de ne pas tenir compte de tous les faits pertinents qu’elle leur a fournis. (Ci-joint, veuillez trouver une partie des renseignements que Mme Zhou a apportés à Mme Miller.) Les journalistes ont en plus dressé un portrait trompeur du niveau de collaboration de Mme Zhou quant à leur projet. En guise de suivi à leur rencontre en face à face, Mme Miller a envoyé un courriel à Mme Zhou le 4 février 2008 : « Je voudrais vous remercier pour l’excellente discussion que nous avons eue vendredi. Ce fut plutôt utile. J’ai tous vos documents rangés en toute sécurité dans mon bureau, beaucoup d’information à lire. Je communiquerai avec vous bientôt. Passez une bonne journée. »
Mme Miller a ajouté qu’elle prenait connaissance de la transcription des poursuites judiciaires engagées contre Crescent Chau que Mme Zhou lui avait fournie et qu’elle la trouvait « fort intéressante ». Le 19 février 2008, Mme Miller a envoyé un courriel à Mme Zhou mentionnant : « J’ai lu beaucoup sur le Falun Gong, la persécution ainsi que le procès à Montréal, comme je vous l’ai écrit dans mon courriel précédent. »
« Le point central du reportage devient de plus en plus précis, la longue conversation que nous avons eue à Ottawa m’a donné une très bonne idée de qu’est-ce que sont le Falun Gong et les pratiquants », renchérit-elle.
Pourtant, dans les premières minutes du reportage, Mme Miller affirme : « Nous avons tenté de découvrir qui ils sont vraiment. On en connaît peu de choses. » Elle qualifie par la suite le Falun Gong de « mouvement religieux peu connu et omniprésent qui dérange ».
Considérant l’ouverture et la générosité dont a fait preuve Mme Zhou et le nombre d’heures qu’elle a passé avec Mme Miller parlant précisément du Falun Gong et des activités qui y sont reliées; considérant que Mme Zhou a fourni une somme considérable de matériel supplémentaire en copie papier; considérant que tous les enseignements du Falun Gong ainsi que les informations liées aux actions des pratiquants en réponse à la persécution sont disponibles gratuitement et très faciles d’accès sur Internet, la représentation du Falun Gong comme une organisation secrète et peu collaboratrice par la SRC est totalement malhonnête.
Malheureusement, ce portrait trompeur et partial sur le Falun Gong s’insinue dans le reportage au complet.
Dans ce même courriel du 19 février 2008, Mme Miller soutenait : « Nous avons décidé, mon réalisateur et moi, que le point central du reportage serait le procès à Montréal », et ajoute plus tard : « Bien sûr, la persécution et le rapport de Kilgour feront partie de notre reportage. »
Finalement, le seul point abordé quant à la persécution a été le rapport sur le prélèvement d’organes, et ce document a été discrédité sans qu’aucun élément de preuve ne soit apporté en sa faveur, éléments de preuve que les journalistes avaient en leur possession.
Mme Zhou a mentionné à Mme Miller qu’en raison d’expériences passées, elle voyait qu’il y avait une sorte de censure dans les reportages de la SRC sur le Falun Gong et que, sans présenter le contexte, l’émission ne serait pas objective ou exacte.
Mme Zhou a souligné les incidents suivants qui la préoccupaient :
• La modification extensive du documentaire Beyond the Red Wall qui serait survenue, selon les médias internationaux, en raison de pressions exercées par le régime chinois sur la CBC (le réseau anglais de la SRC) alors que le réseaux devait être diffuseur officiel des Jeux olympiques de Pékin quelques mois plus tard.
• Deux séries documentaires de la SRC et de la CBC sur la Chine en 2006 contenaient des informations sur les droits de l’homme en Chine, mais ne tenaient aucun compte de la persécution du groupe ayant le plus de victimes en Chine aujourd’hui : le Falun Gong.
• Dans un reportage du National de CBC le 8 août 2007 sur le boycott des Olympiques, la CBC a censuré les propos de David Kilgour sur les prélèvements d’organes, bien que c’était la raison pour laquelle il appelait au boycott.
Malgré que Mme Miller a initialement promis que son reportage toucherait à tout, incluant la persécution qui met en contexte la raison pour laquelle les pratiquants de Falun Gong font des efforts pour y mettre fin, de même que la propagande de haine diffusée dans le Chinatown par Crescent Chau, Mme Miller a informé Mme Zhou dans un courriel subséquent qu’après discussion avec son réalisateur, ils avaient décidé que la persécution ne serait pas l’élément central de l’émission.
Mme Zhou a insisté pour obtenir une conversation avec le réalisateur Léon Laflamme avant de considérer donner une entrevue. Dans la conversation avec M. Laflamme, ce dernier a indiqué clairement que la persécution ne serait pas le sujet du reportage. Mme Zhou a ensuite soulevé l’inquiétude que, sans le contexte de la persécution et de la campagne de diffamation contre le Falun Gong soutenue par Crescent Chau, les téléspectateurs ne pourraient simplement pas obtenir une perception objective de ce qui s’est déroulé à Montréal. Ne voulant pas prêter son nom à une émission qu’elle prévoyait trompeuse, Mme Zhou a donc refusé d’être interviewée devant la caméra.
Mme Zhou a également fait savoir à Solveig Miller et à Léon Laflamme que la SRC ne devrait pas promouvoir une campagne de haine qui justifie la persécution alors que des pratiquants sont en train de se faire torturer et tuer. La SRC ne devrait pas non plus aider le régime chinois à disséminer sa propagande de haine contre le Falun Gong. M. Joel Chipkar de l’Association du Falun Dafa a également communiqué par courriel avec Mme Miller lui expliquant les raisons pour lesquelles l’association avait décliné l’entrevue, signalant que le procès contre Crescent Chau était toujours en cours et qu’il ne serait pas approprié de discuter de ça devant la caméra (voir annexe).
Mme Zhou a également mis les choses au clair avec les réalisateurs à plusieurs reprises, y compris lors de sa rencontre de trois heures en face à face avec Mme Miller, insistant sur le fait que la persécution était un contexte essentiel aux évènements qui sont survenus dans le Chinatown de Montréal et que le Falun Gong est pratiqué à Montréal depuis 1996. Avant le début de la persécution en 1999, il n’y avait aucune friction au sein de la communauté. Même Crescent Chau n’avait aucun problème avec le Falun Gong jusqu’à ce qu’on lui offre de l’argent pour publier des articles diffamatoires contre le Falun Gong, des articles payés par une femme qui a des liens privilégiés avec le régime chinois.
En fait, les articles(23) publiés dans le journal de M. Chau répétaient plusieurs des fausses accusations contre le Falun Gong concoctées par le régime chinois (et réfutées par de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme qui affirment qu’il s’agit de propagande ayant pour but de justifier la persécution). Parmi celles-ci, des accusations que le Falun Gong incite au meurtre, au suicide, à la destruction des familles, un danger pour la santé, etc. M. Chau s’est dit favorable à la répression du Falun Gong par le régime et affiche clairement vouloir éradiquer le Falun Gong du Canada. M. Chau a été présenté comme un héros dans les médias du régime en Chine. Il faut souligner que la Cour d’appel du Québec a déterminé(24) que Les Presses Chinoises et son propriétaire, Crescent Chau, ont fait des déclarations « trompeuses et diffamatoires » lorsqu’ils ont accusé, sans fondement, certaines personnes de s’adonner à des actes « criminels et pervers ».
L’émission Enquête n’a fourni aucune information sur la raison pour laquelle Mme Zhou a refusé d’être interviewée devant la caméra et n’a pas mentionné le fait qu’elle a été très généreuse et ouverte en discutant avec Mme Miller et qu’elle lui a même fourni une grande quantité de matériel de recherche. La SRC a plutôt dépeint Mme Zhou et le Falun Gong comme étant évasifs, non coopérants et secrets. La manipulation de ces faits est à la fois immorale et, du point de vue journalistique, répréhensible. Malheureusement, les attaques contre Mme Zhou sont allées plus loin.
L’émission présente de courtes séquences où l’on voit Mme Zhou essayer d’éviter la caméra, apparaissant nerveuse et instable. La suggestion est que Mme Zhou évite les médias et qu’elle a quelque chose à cacher. En fait, les réactions de Mme Zhou ont été incitées par des comportements intrusifs, voire harcelants, de la part de la SRC après qu’elle a poliment décliné d’être interviewée par Enquête. Dans une des séquences où l’on voit Mme Zhou – elle demandait en fait au caméraman qui il était et de quelle organisation – alors qu’elle met sa main devant la caméra.
« Je ne veux pas être dans votre caméra. Puis-je vous demander, qui vous êtes ? De quelle organisation vous êtes ?», demande Mme Zhou dans l’émission. Évidemment, le caméraman de la SRC ne s’est pas identifié avant de filmer Mme Zhou de très près. Aussi, il n’y a pas de traduction en français de ses propos dans l’émission, ce qui permettrait aux téléspectateurs de comprendre qu’elle demandait seulement au caméraman de s’identifier.
Ce jour-là, le 6 avril 2008, Mme Zhou était avec les pratiquants de Montréal dans le parc Sun Yat-sen. Mme Zhou parlait avec un pratiquant de Montréal lorsque le caméraman l’a directement approché sans s’annoncer et a commencé à la filmer de près. Il ne s’est pas identifié, n’a pas dit avec quelle organisation il était, ni demandé la permission de Mme Zhou pour la filmer. Ne sachant pas qui la filmait de si près, il est clair que Mme Zhou était inconfortable d’être filmée par un inconnu.
Peu après, Mme Miller et M. Laflamme sont arrivés à l’improviste, à la surprise de Mme Zhou. Alors que Mme Zhou discutait avec eux, elle s’est aperçue que leur preneur de son dirigeait le micro vers elle et qu’elle était filmée à nouveau. Miller et Laflamme savaient déjà qu’elle avait refusé d’être interviewée pour l’émission. Mme Zhou a réalisé que sa conversation avec Mme Miller et M. Laflamme était enregistrée. C’est alors que Mme Zhou s’est éloignée des gens de la SRC.
Mme Miller commente ces prises en disant : « Depuis des semaines, nous tentions d’obtenir une entrevue avec elle. Elle a refusé de nous parler à la caméra et d’être filmée déclarant ne pas être l’organisatrice de cette manifestation. »
Il est trompeur et sournois de dépeindre ces séquences de cette manière alors qu’autant Mme Miller que M. Laflamme savaient que Mme Zhou avait déjà décliné l’entrevue devant caméra avant qu’ils n’arrivent à l’improviste ce jour-là au Chinatown et ils connaissaient aussi les raisons du refus.
En dépit de la bonne volonté et de l’aide apportée par Mme Zhou, la SRC a ignoré le souhait de Mme Zhou de ne pas apparaître à la caméra et l’ont suivi et filmé contre son gré à plusieurs reprises. Mme Zhou n’avait aucune obligation d’accepter une entrevue. Ce genre de comportement – par unem chaîne nationale financée par les deniers publics, d’harceler et de dénigrer une citoyenne qui a été avenante, généreuse et aidante à leur émission – est déplorable.
Lors d’une autre occasion, la SRC a encore filmé Mme Zhou dans un espace public et encore une fois la SRC a faussement représenté Mme Zhou, ainsi que les circonstances du moment.
Dans le reportage, peu après avoir utilisé les images Mme Zhou, Enquête montre un rassemblement sur mla Colline parlementaire à Ottawa et le commentaire dit : « Quelques semaines plus tard le Falun Gong revient à la charge avec une nouvelle choc. En Chine, 4000 adeptes auraient été charcutés, parfois vivants et leurs organes vendus. Depuis, les adeptes recréent sur les places publiques partout dans le monde, des scènes de prélèvement d’organes, d’emprisonnement et de torture. »
Cependant, le but principal de cette activité, le 2 mai 2008, était d’informer la population à propos des arrestations massives de pratiquants de Falun Gong en Chine par le régime chinois avant les Olympiques.
Nous avons inclus dans notre soumission cinq photos de cet évènement. Dans trois des photos, l’organisateur et orateur de l’activité, Xun Li, président de l’Association du Falun Dafa du Canada, est vu en train de parler au micro. Dans ces trois photos, un homme habillé en noir avec une caméra de qualité professionnelle filme M. Li. Il n’y a rien sur les vêtements de l’homme qui l’identifie, lui ou son organisation. Les photos montrant les trois côtés de sa caméra montrent qu’il n’y a aucune identification d’organisation. Il filme avec et sans trépied. Nous avons inclus une autre photo du caméraman et du preneur de son prise plus tard dans l’évènement, qui montre une fois de plus que rien n’indique d’où ils viennent. Tout ce qui est visible est un drapeau canadien sur la caméra.
Le caméraman a filmé la majorité, sinon tout ce qu’a dit M. Xun Li, ce qui inclurait la raison d’être du rassemblement et l’identification claire que M. Li est l’organisateur.
Dans une autre photo, Alex Neve, secrétaire général d’Amnesty International Canada, est aperçu en train de prononcer une allocution concernant les arrestations massives en Chine. M. Li et le député libéral Borys Wrzesnewskyj, qui a aussi parlé au micro, sont aperçus en arrière-plan.
Il y a aussi une équipe de CBC identifiable qui est venue au rassemblement. Elle a pris quelques prises puis est partie, ce qui est la norme dans ce genre de situation. Dans une photo, il est évident que d’autres médias, comme CTV, étaient présents et filmaient, mais Enquête ne fait aucune mention de cela. Tous ces médias ont été invités à venir au rassemblement, par l’entremise d’un communiqué de presse envoyé par l’Association du Falun Dafa, et ont été invités à poser quelque question que ce soit au sujet du Falun Dafa et de la persécution. Ceci contredit encore une fois l’assertion de la SRC que le Falun Gong a peur des médias et qu’il se terre dans le secret.
Le caméraman non identifié et son preneur de son sont demeurés sur place longtemps, ayant filmé depuis le début du rassemblement en matinée. À un certain point, un pratiquant de Falun Gong a demandé au caméraman avec quelle organisation il était, et il a dit CBC.
La narration d’Enquête concernant le rassemblement se poursuit : « Sur la Colline parlementaire à Ottawa, ils déploient régulièrement toute leur machine médiatique et recueillent des signatures pour inciter la Chambre des communes à condamner le régime chinois. Encore une fois, Lucy Zhou, l’organisatrice de l’évènement, refuse d’être filmée. »
On voit ensuite Mme Zhou cachant son visage pour ne pas être filmée.
Mme Zhou n’était pas l’organisatrice du rassemblement. Elle n’a pas prononcé de discours durant le rassemblement. Elle ne participait pas à l’exposition anti-torture, qui était en place pour sensibiliser les gens au sujet de la souffrance des pratiquants de Falun Gong en Chine. Elle ne tenait aucune bannière. Elle ne participait pas à la démonstration des exercices de Falun Gong. Elle ne faisait pas partie de la fanfare qui était présente. Elle était simplement sur place au rassemblement.
Alors que le rassemblement se poursuivait depuis un certain temps, un pratiquant de Falun Gong qui connaissait Mme Zhou l’a approchée pour lui demander si elle avait remarqué le caméraman qui la filmait de longues périodes de temps. Mme Zhou n’avait pas remarqué et a regardé en direction du caméraman, qui était le même qui avait filmé M. Li plus tôt et que l’on voit sur les photos. À ce moment, Mme Zhou a compris que le caméraman était de la SRC.
Le caméraman se tenait à une distance d’environ 30 mètres avec sa caméra fixée sur Mme Zhou. Elle a trouvé cela étrange, considérant qu’elle n’était pas impliquée dans les activités du rassemblement, qu’elle était simplement en train de discuter avec d’autres pratiquants et qu’elle ne portait aucun t-shirt de Falun Gong.
Comme d’autres activités du rassemblement se déroulaient à ce moment, il semblait étrange que ce caméraman focalise sur un individu particulier au milieu d’un groupe de personnes.
C’est pourquoi Mme Zhou a approché le caméraman pour lui demander d’arrêter de la filmer. Le caméraman a continué de filmer et la séquence diffusée dans l’émission est celle où Mme Zhou lui demande d’arrêter de la filmer.
Cependant, la narration d’Enquête déclare que « Encore une fois, Lucy Zhou, l’organisatrice de l’évènement, refuse d’être filmée. »
Il faut aussi souligner que lorsque Mme Zhou a demandé de ne pas être filmée, ce qui est une demande raisonnable adressée à un employé d’une société financée publiquement, le caméraman a répondu qu’il pouvait filmer ce qui lui tentait car l’évènement était public.
Le caméraman d’Enquête a filmé les discours, donc ses prises auraient dû démontrer clairement aux réalisateurs de la SRC que Mme Zhou n’était pas l’organisatrice.
On aurait pu montrer également Mme Zhou en train de marcher en direction du caméraman pour lui demander d’arrêter de filmer.
Toutefois, Enquête ne donne pas le contexte expliquant la raison pour laquelle Mme Zhou apparaît à la caméra, et représente la situation d’une manière complètement erronée.
Le fait qu’Enquête, en toute connaissance de cause, manipule la situation pour alléguer que « Encore une fois, Lucy Zhou, l’organisatrice de l’évènement, refuse d’être filmée », démontre qu’une fois de plus l’émission a fabriqué une image négative du Falun Gong et des pratiquants de Falun Gong pour appuyer leur fausse allégation que le Falun Gong est secret et ne collabore pas.
L’émission se termine avec une note que le Falun Gong « ne parle plus aux médias ». Il s’agit d’un autre mensonge. Pour n’importe quel journaliste au pays, cette déclaration saute aux yeux comme étant une absurdité. Les pratiquants de Falun Gong partout dans le pays envoient régulièrement des communiqués de presse aux médias avec les noms et contacts des porte-parole disponibles pour des entrevues. L’émission Enquête est en fait la première et seule fois que Mme Zhou a décliné une entrevue.
4. Présentation manipulée, incluant l’utilisation négative des angles de caméra et de la musique
lorsque le Falun Gong est dépeint
Nous demandons également à l’ombudsman de porter attention à l’utilisation de la musique et des plans de caméra pour dépeindre négativement le Falun Gong. Le contraste est frappant comparé au traitement réservé à ceux qui parlent contre le Falun Gong.
Il est reconnu que la musique occupe une place vitale dans les films et les émissions de télévision. Les détails complexes sont placés dans l’utilisation et le choix de la musique, moment par moment, et dans tous types de production il s’agit d’un outil de communication fondamental qui donne le ton et qui fonctionne en tant que langage conscient et subliminal.
Durant toute l’émission, lorsqu’on montre le Falun Gong ou que des aspects qui lui sont attribués sont abordés, la musique change souvent très clairement pour adopter un ton menaçant et obscur. Ceci débute dans les premières minutes du reportage, lorsqu’une musique sinistre commence alors que le Falun Gong apparaît à l’écran. Puis, alors que les mots « Falun Dafa » apparaissent en gros plan, une musique stridente se fait entendre. Cette musique étrange continue de jouer alors qu’on montre le Falun Gong à l’écran.
Il y a aussi des angles de caméra et des perspectives utilisées qui sont étranges, comme les images tournées sur la Colline parlementaire, créant une perspective bizarre et déséquilibrée du Falun Gong. Ceci, tout comme la musique, est un choix conscient et intentionnel.
L’utilisation de la musique et des images à travers Malaise dans le Chinatown a pour but de faire paraître le Falun Gong comme une organisation étrange, bizarre et déséquilibrée. Il est clair que l’intention des auteurs est de prêter au Falun Gong les apparences de quelque chose dont on doit se méfier et de dangereux.
À l’opposé, lorsque Crescent Chau apparaît la première fois à l’écran, la musique devient immédiatement positive et optimiste. Ceci est accompagné de courtes prises rapides montrant Chau travaillant à son bureau en utilisant des angles de caméra forts et positifs. On lui offre même un traitement de « héros » en utilisant une séquence au semi-ralenti alors qu’il est assis à son bureau, donnant une impression de réflexion, de calme et de stabilité. Encore, un choix très intentionnel et évident d’Enquête qui est tout à l’opposé du traitement réservé au Falun Gong.
Lorsque Mai Chiu est présentée, on voit une image d’elle souriante sur une affiche électorale, puis après, on la voit en train de sourire et de tenir un bébé. Ensuite, elle commence à éveiller des soupçons au sujet du Falun Gong avec ses opinions personnelles et ses spéculations, alors qu’Enquête ne cherche aucunement à vérifier la crédibilité de ses propos.
5. Allégations selon lesquelles le Falun Gong aurait faussement représenté les positions
d’Amnesty International et de Human Rights Watch
Le reportage insinue que la communauté du Falun Gong a représenté faussement les positions d’Amnesty International et de Human Rights Watch en ce qui a trait aux allégations de prélèvements d’organes, affirmant que « on pourrait croire en regardant les dépliants du Falun Gong que Human Rights Watch et Amnesty International appuient le rapport Kilgour. Mais ce n’est pas ce que nous avons appris. »
Le dépliant en question contient effectivement des citations d’Amnesty International et de Human
Rights Watch :
« Les adeptes du Falun Gong sont de bons citoyens pacifiques et rien ne peut excuser les violations des droits de l’homme qu’ils endurent. L’accusation disant que le Falun Gong menace la stabilité du pays ne tient pas debout. L’assertion selon laquelle la croyance au Falun Gong représente un risque de santé publique est également insensée. Le danger pour la santé provient du traitement que subissent les pratiquants aux mains des policiers et des gardiens de prison. »
-[Logo de] Human Rights Watch
En 2006, Amnesty International écrivait que « la campagne officielle de diffamation du Falun Gong dans les médias d’État a créé un climat de haine contre les pratiquants de Falun Gong, ce qui peut encourager des actes de violence à leur égard ».
-[Logo d']Amnesty International
On constate facilement que les citations mises en cause par Solveig Miller n’ont aucun rapport avec les prélèvements d’organes. Les citations condamnent la persécution du Falun Gong par le gouvernement chinois et ses tentatives d’inciter à la haine contre le groupe afin de justifier la persécution qu’il mène. Ces déclarations ont été faites indépendamment des allégations de prélèvements d’organes et sont même placées sous une bannière distincte dans le dépliant, ce qui les sépare clairement de la section du dépliant concernant les prélèvements d’organes.
La persécution contre le Falun Gong a plusieurs facettes, et le dépliant fournit un aperçu de la persécution avec de l’information concernant ses différentes manifestations, incluant la torture et le meurtre des pratiquants, la campagne de propagande menée contre lui, de même que les allégations de prélèvements d’organes.
Nous avons inclus un exemplaire du dépliant en question dans notre soumission. Il s’agit encore d’un autre exemple de désinformation propre à l’émission, toujours dans le but de présenter le Falun Gong et ses pratiquants sous un mauvais jour.
Enquête a également contacté Amnesty International (AI) pour savoir si l’ONG avait appuyé le rapport Kilgour-Matas en se basant sur la fausse allégation qu’Amnesty appuie le rapport dans le dépliant en question. Si Enquête a transmis cette fausse allégation à AI dans leur discussion, ceci pourrait endommager la relation entre un groupe persécuté et un organisme crédible de défense des droits de la personne. En plus des autres réparations que nous demandons à la fin de cette soumission, nous demandons à Enquête de contacter AI et de mettre les choses au clair, de dire la vérité.
6. Fausse allégation que le rapport sur les prélèvements d’organes était une réponse à une défaite
devant la cour
L’émission de Radio-Canada a tenté d’établir un lien entre une décision de la cour défavorable aux pratiquants de Falun Gong et l’apparition des allégations de prélèvements d’organes contre des pratiquants de Falun Gong en Chine : « Le 7 décembre 2005, le Falun Gong essuie tout un échec. La Cour supérieure rejette la poursuite des 232 pratiquants contre Crescent Chau [...] Quelques semaines plus tard, le Falun Gong revient à la charge avec une nouvelle choc. En Chine, 4000 adeptes auraient étés charcutés, parfois vivants et leurs organes vendus. »
Les faits exprimés dans ce passage sont faux, tout comme la connexion insinuée entre les deux évènements qui n’ont aucun rapport. Un évènement concerne un procès impliquant des pratiquants de Falun Gong canadiens à Montréal. L’autre implique des rapports de prélèvements d’organes sur des pratiquants de Falun Gong en Chine, une allégation ayant d’abord été avancée par deux individus aux États-Unis qui ne pratiquent même pas le Falun Gong.
En fait, plus de trois mois s’étaient écoulés entre le verdict de la cour le 7 décembre 2005 et les premières allégations de prélèvements d’organes en mars 2006. C’est plus que « quelques semaines plus tard », comme le laisse entendre Mme Miller. Les pratiquants de Falun Gong impliqués dans le procès ont répondu au verdict en allant en appel moins d’un mois après, soit en janvier 2006, et non pas en inventant des histoires sordides d’abus survenant en Chine.
Les premiers rapports de prélèvements d’organes contre le Falun Gong en Chine sont venus de deux individus(25) : l’ex-femme d’un chirurgien chinois et un journaliste qui était basé au Japon. Aucun des deux ne pratique le Falun Gong. Lorsque ces personnes sont sorties publiquement avec ces informations aux États-Unis, les pratiquants de Falun Gong les ont naturellement diffusées et ont demandé aux gouvernements et aux organisations internationales de mener des enquêtes indépendantes. Des médias comme La Grande Époque et New Tang Dynasty Television ont également rapporté les allégations de ces individus et ont demandé la tenue d’enquêtes. Les réponses à ces allégations étaient attribuables à leur gravité, non pas en raison d’un procès impliquant l’éditeur d’un journal au Canada.
La journaliste ou le réalisateur semblent s’être fiés seulement à leurs propres opinions ou imaginations pour tenter de lier les deux évènements, mais les conséquences trompeuses sont sévères. En essayant de faire croire que les rapports de prélèvements d’organes sont seulement une « contre-attaque » à une décision défavorable de la cour, en omettant de présenter toutes les preuves qui appuient les allégations de prélèvements d’organes contre le Falun Gong, et en déformant les commentaires de ceux qui ont été interviewés sur cette question, Enquête a pratiquement empêché les téléspectateurs de tirer une conclusion objective au sujet des mérites du rapport sur les prélèvements d’organes. L’émission suggère clairement que les allégations de prélèvements d’organes commis contre les pratiquants de Falun Gong ont peu ou aucun mérite et arrive à cette conclusion tout en cachant toutes les preuves qui appuient les allégations. Considérant le poids des allégations en question et des conséquences humanitaires possibles, un tel biais journalistique est à la fois inquiétant et hautement irresponsable.
7. Description biaisée du Falun Gong et de la Célébration du Nouvel An chinois
Enquête fait tout en son possible pour marginaliser davantage le Falun Gong en le liant à un spectacle appelé la Célébration du Nouvel An chinois, qui n’échappe pas non plus aux coups bas de la SRC. Enquête affiche à l’écran quelques références apparentes au Falun Gong tirées du contenu du spectacle et ensuite cite Mme May Chiu disant que le but du spectacle est de « recruter ». Solveig Miller allègue ensuite : « Plusieurs politiciens, dont le premier ministre Jean Charest et le maire de Montréal, avaient pourtant endossé ce spectacle. Leurs bureaux nous affirment maintenant que les producteurs ont manqué de transparence en cachant leurs liens avec le Falun Gong. À Québec, on nous a affirmé qu’à l’avenir on ne donnera plus son appui à un évènement qui divise la communauté chinoise. »
Premièrement, les spectacles artistiques plaisent à différents types de personne et sont sujets à différentes interprétations. En choisissant les commentaires négatifs de Mme Chiu comme la seule opinion sur la Célébration du Nouvel An chinois, Enquête n’a pas reflété le sentiment de la vaste majorité du public ayant assisté au spectacle. En effet, selon les données récoltées par les organisateurs de l’événement auprès des spectateurs, plus de 95 % d’entre eux considèrent que le spectacle est « bon » ou « excellent ».
Considérez les commentaires du professeur, écrivain et poète distingué, Cyril Dabydeen, qui a déjà siégé sur le jury pour les Prix littéraires du gouverneur général : « Ici, ce soir, c’était le spectacle culturel le plus extraordinaire que j’ai jamais vu ou expérimenté… Il m’a transporté dans le temps, avec le sens d’une merveilleuse, magnifique et authentique culture chinoise. »
Le professeur Dabydeen n’est pas seul. Un grand nombre d’artistes renommés, de politiciens et d’autres personnalités ont louangé la Célébration.
Visitez le site Internet du spectacle pour lire les commentaires des spectateurs, de même que les entrevues avec des personnes de renom.www.DivineShows.com/montreal (section « News »).
Deuxièmement, la Célébration n’est pas uniquement un spectacle Falun Gong, comme Enquête le laisse croire. Bien qu’il soit vrai que certains numéros abordent le Falun Gong, il faut dire que le spectacle présente des tableaux qui visitent l’immense géographie de la Chine, ses traditions ethniques diverses, de même que ses 5000 ans d’histoire – dynasties mandchoues, mongoles, Tang, danses tibétaines et contes et légendes classiques comme l’histoire de Mulan et celle du général Yue Fei. Dans ce contexte, la foi des pratiquants de Falun Gong et leur résistance pacifique – alors qu’ils endurent de brutales injustices et des persécutions – fournissent un exemple moderne des vertus traditionnelles chinoises en action – un aspect complètement passé sous le silence par la SRC.
Troisièmement, les organisateurs de la Célébration du Nouvel An chinois ne trompent pas les politiciens au sujet de la nature du spectacle de manière à obtenir des lettres d’appui. Les politiciens et leur entourage et personnel sont invités à assister au spectacle, et plusieurs l’ont fait. Des diplomates, des ministres fédéraux et provinciaux, des maires, des conseillers municipaux et de nombreux autres responsables élus à tous les niveaux de gouvernement ont assisté au spectacle au Canada et ils ont été presque unanimes dans leur appréciation positive. Il est pertinent de noter que les numéros abordant le Falun Gong sont régulièrement parmi les favoris du public.
L’Association du Falun Dafa a coprésenté environ la moitié des spectacles au Canada l’année dernière et coprésentera tous les spectacles au Canada cette année. La représentation qu’Enquête fait de la Célébration a pour but de suggérer que les liens avec le Falun Gong sont une tache et quelque chose qu’il faut cacher. Cependant, le nom de notre association est imprimé sur les dépliants, les publicités, les sites Internet et autre matériel de promotion pour le spectacle et plus de 20 000 Canadiens – incluant des politiciens et autres personnalités – n’ont pas tenu la même perspective biaisée qu’Enquête et n’ont pas jugé que notre association était un stigmate.
Dans sa lettre adressée aux gens assistant au Spectacle de la Mi-automne présenté par l’Association du Falun Dafa de Toronto en septembre dernier, le premier ministre Stephen Harper a écrit : « Je suis certain que tous ceux qui assistent vont apprécier les performances artistiques exceptionnelles, ainsi que les costumes et lumières colorés mis en scène par cet évènement. » « Les organisateurs et les artistes doivent être félicités pour leur partage avec la communauté de la richesse des traditions et de l’héritage culturel chinois. »
À notre connaissance, aucun politicien canadien n’a accusé les organisateurs du spectacle de « cacher » les liens avec le Falun Gong et aucun n’a affirmé que le spectacle « divise la communauté ». Encore une fois, la SRC a fait écho aux propos de l’ambassade et des consulats chinois qui attaquent continuellement le spectacle en raison du contenu abordant le Falun Gong. À notre connaissance, M. Charest et M. Tremblay n’ont pas fait de tels commentaires avant d’être contactés par Enquête. Considérant que Mme Miller affirme aussi dans l’émission (tel que noté dans notre première plainte) que les rassemblements du Falun Gong « divisent la communauté » et que notre simple présence dans la ville crée un « malaise », il semble crédible que les journalistes d’Enquête ont présenté cette même perception trompeuse et biaisée du Falun Gong lorsqu’ils ont contacté les bureaux du premier ministre et du maire, peut-être dans un effort de générer une réponse qui serait défavorable au Falun Gong. Si c’est le cas, cela exprime un manque d’éthique flagrant et une correction s’impose.
8. Traitement et fausse représentation de la persécution contre le Falun Gong
Bien qu’Enquête n’ait pas fourni de mise en contexte à la persécution du Falun Gong, l’émission s’est référée à des évènements qui ont précédé le début de la persécution par le régime chinois. Malheureusement, le contenu présenté n’a pas offert aux téléspectateurs une compréhension claire de ce qui s’est passé. Comme nous croyons qu’il est important de comprendre ces évènements adéquatement, nous allons les expliquer.
Dans l’émission, Mme Miller déclare : « C’est donc avec stupeur que le gouvernement chinois découvre, le 25 avril 1999, l’ampleur du mouvement. Dix mille pratiquants osent l’affronter. Ils encerclent en silence le siège du Parti communiste à Pékin pour protester contre quelques arrestations d’adeptes. »
Le régime chinois était en fait parfaitement au courant du nombre de pratiquants en Chine avant le 25 avril 1999. Fin 1998, le régime a effectué un sondage qui indiquait qu’il y avait entre 70 et 100 millions de pratiquants de Falun Gong en Chine uniquement. Le nombre(26) de 70 millions ou « au moins 70 millions » a également été rapporté par le New York Times à deux reprises et par Associated Press : www.faluninfo.net/article/517/?cid=4.
Aussi, les pratiquants n’ont pas « affronté » le régime, et leur protestation silencieuse et pacifique à l’extérieur du siège du Parti, à Zhongnanhai, le 25 avril n’était pas seulement « pour protester contre quelques arrestations d’adeptes ».
Même si le régime chinois a commandité environ 50 séminaires d’introduction au Falun Gong au début des années 1990 et que les médias d’État ont reconnu ouvertement les bienfaits de la pratique à plusieurs occasions, la croissance rapide et la popularité du Falun Gong, qui inclut des enseignements spirituels conformes à la culture traditionnelle chinoise, ont commencé à inquiéter le régime communiste qui est officiellement athée. L’impression du livre principal du Falun Gong, Zhuan Falun, a cessé en 1996.
En avril 1999, le régime chinois avait déjà commencé sa campagne de propagande contre le Falun Gong. Un article de journal particulièrement trompeur publié dans un média d’État avait incité les pratiquants à organiser une manifestation pacifique devant les bureaux de l’éditeur dans la ville de Tianjin. Le 23 avril 1999, la police a violemment battu et dispersé les protestataires, faisant 45 arrestations.
Le 25 avril, les pratiquants ont convergé en silence vers le Bureau des plaintes à Pékin, situé à côté du siège du Parti, à Zhongnanhai. Plusieurs pratiquants de Pékin et de Tianjin (à une heure de train de Pékin) s’étaient en réalité fait dire par la police et autres responsables communistes d’aller au Bureau des plaintes pour protester contre les arrestations à Tianjin. Les pratiquants demandaient la libération des personnes arrêtées de même que le droit de pratiquer en paix, sans être victimes d’harcèlement. Devant le siège du Parti, ils n’avaient aucune bannière, aucun slogan et toute la journée avait été calme et paisible.
Si l’on considère le nombre total de pratiquants en Chine et le fait que plusieurs sites de pratique du Falun Gong à Pékin attiraient plus de 1000 pratiquants chaque matin, 10 000 est en fait un très petit nombre, particulièrement pour Pékin.
Il n’y a pas eu d’arrestation, tout était calme et ordonné, et les pratiquants ont nettoyé la rue avant de se disperser, ramassant même les mégots de cigarettes des policiers.
Les médias occidentaux, comme le Washington Post, ont rapporté que la décision de réprimer le Falun Gong provenait seulement de Jiang Zemin, qui était à la tête du régime à l’époque, et que les six autres membres du Politburo s’y opposaient(27). On a rapporté que Jiang était fâché que le premier ministre, Zhu Rongji, le no 2 du régime, ait été félicité pour avoir gérer la manifestation du Falun Gong pacifiquement et avoir été attentif à leurs griefs. Jiang était dans une lutte de pouvoir avec M. Zhu et on estime que sa jalousie entourant cet évènement a généré la réponse disproportionnée du gouvernement à la manifestation pacifique du Falun Gong qui revendiquait le respect de leurs droits. Cette information au sujet du début de la persécution, provenant de sources tierce-partie, est disponible et facilement accessible sur le site Internet indiqué précédemment.
À l’exception d’une référence vague et succincte à la persécution au début de l’émission Enquête, il n’y a eu aucune tentative d’examiner les nombreuses formes de persécution dont est victime le Falun Gong. La seule référence aux décès et aux abus qui affligent le Falun Gong en Chine concerne les prélèvements d’organes, pour lesquels l’émission affirme n’avoir trouvé aucune preuve et insinue qu’il s’agit d’une fabrication.
En focalisant sur un seul élément de la persécution (les prélèvements d’organes) et en tentant par tous les moyens de le discréditer, Enquête fait douter les téléspectateurs de la véracité de toute la persécution du Falun Gong en Chine. Ceci est renforcé par les efforts d’Enquête à dépeindre les expositions anti-torture comme une action entreprise par les pratiquants seulement après l’apparition des allégations de prélèvements d’organes. En fait, les expositions anti-torture ont été utilisées par les pratiquants pendant des années(28) avant que les allégations de prélèvements d’organes soient rendues public afin d’informer la population de la persécution en Chine.
En neuf années de persécution, plus de 3200 pratiquants de Falun Gong ont été confirmés décédés(29) des suites de tortures et d’abus dans les prisons chinoises et les camps de travail forcé. On estime que le nombre véritable est beaucoup plus élevé. Selon le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, les pratiquants de Falun Gong représentent 66 % des cas allégués de torture en Chine(30). Le département d’État américain indique que les pratiquants de Falun Gong constituent la moitié des prisonniers des camps de travail forcé, une population totale qui s’élève à des centaines de milliers(31). Les pratiquants sont fréquemment condamnés sans procès et n’ont pas droit à un avocat. Les pratiquants de Falun Gong ont documenté 100 différentes méthodes de torture(32) dont ils sont victimes, incluant des tortures physiques, psychologiques et psychiatriques. Cette information est facilement accessible, quelques clics sur Internet.
Des dizaines de pratiquants de Falun Gong canadiens ont eux-mêmes été torturés(33, 34), ont vu d’autres pratiquants frôler la mort en détention et ont perdu des amis et des proches dans la persécution. Certains Canadiens(35, 36) ont des proches qui souffrent dans les camps de travail en ce moment même. Des journalistes de certaines entreprises de presse des plus respectées ont documenté les horribles morts par torture de pratiquants de Falun Gong, incluant une série d’articles(37, 38, 39) du Wall Street Journal qui a permis au journaliste canadien Ian Johnson de remporter le Prix Pullitzer en 2001. Les preuves de mauvais traitements, de torture et de meurtres contre les pratiquants de Falun Gong sont abondantes et ont été documentées par les Nations Unies, le département d’État américain, Amnesty International, Human Rights Watch et d’autres.
Les organisations ci-dessus mentionnées ont aussi fait état de la campagne de propagande du gouvernement chinois visant à déshumaniser et à avilir le Falun Gong afin de saper la sympathie du public envers ses pratiquants et justifier leur emprisonnement et leur torture. La campagne du gouvernement chinois n’est pas sans lien avec la croisade personnelle de Crescent Chau, qui a publié des articles diffamatoires qui ont été payés par une femme ayant des liens avec le gouvernement chinois et qui répète la propagande de haine du régime. Loin de simplement critiquer la doctrine du Falun Gong, les articles de Chau accusent faussement les pratiquants de Falun Gong de commettre des meurtres, des suicides, de s’adonner à la bestialité et de boire du sang. Crescent Chau appelle à l’éradication du groupe au Canada, probablement avec les mêmes moyens utilisés par le gouvernement
chinois. David Ownby a qualifié les articles de Chau sur le Falun Gong de « saleté sans fondement versée sur des pages ». Plus troublant encore, Chau n’a pas obtempéré à deux injonctions de la cour lui demandant d’arrêter de publier ses attaques contre le Falun Gong.
Rien de tout cela n’est mentionné dans l’émission de la SRC. Au contraire, Crescent Chau est dépeint comme un leader de la communauté chinoise de Montréal, injustement abusé par le Falun Gong. L’émission Enquête suggère clairement que le Falun Gong aurait envoyé une menace de mort à Crescent Chau – un crime très grave – pour laquelle aucune preuve n’indique un lien avec le Falun Gong. La seule preuve serait une lettre anonyme que M. Chau dit avoir reçu, lui qui publie aussi dans son journal des textes qui affirment que les pratiquants de Falun Gong sont des vampires.
C’est en fait la question posée initialement par Enquête à Chau qui introduit l’idée qu’une menace de mort a été envoyée par le Falun Gong. C’est la question d’Enquête qui fabrique l’implication.
Mme Miller demande à M. Chau : « Qu’est-ce qui vous fait dire que c’est le Falun Gong? » Et M. Chau de répondre : « Je ne peux pas l’affirmer. Ce que je comprends de cette lettre, c’est qu’on veut que je cesse d’agir contre Falun Gong. »
Crescent Chau évite d’accuser directement et faussement le Falun Gong de l’avoir menacé de mort, mais le choix de la question de Mme Miller a déjà rendu claire l’implication auprès des téléspectateurs. C’est sans compter que dans l’ouverture de l’émission, Mme Miller mentionne la menace de mort et l’associe au Falun Gong en disant qu’il s’agit d’un « mouvement religieux peu connu et omniprésent qui dérange ».
Depuis 1999, le Falun Gong souffre d’une sévère persécution et d’une campagne de diffamation orchestrées par le régime communiste chinois. Cette campagne s’est même étendue au-delà des frontières de la Chine jusqu’au Canada et dans d’autres pays(40, 41, 42). Malgré cela, aucun pratiquant, quel que soit l’endroit, n’a commis un acte de violence ni menacer d’utiliser la violence en réponse aux abus. L’insinuation évidente et dommageable d’Enquête disant que le Falun Gong a envoyé une menace de mort est basée sur de la pure spéculation et présentée sans remise en question de la crédibilité de M. Chau qui a produit cette menace de mort anonyme. Encore une fois, Enquête présente le Falun Gong sous une lentille négative et trompeuse.
Alors que les commentaires de M. Chau sur le Falun Gong sont traités comme crédibles par la SRC, les pratiquants de Falun Gong qui répondent à la persécution en conscientisant les gens sont dépeints par la SRC comme répandant de la propagande, s’imposant aux Canadiens et divisant les communautés.
La décision des producteurs de l’émission de ne pas parler de la persécution du Falun Gong n’est pas conforme aux recommandations de l’ombudsman de Radio-Canada, David Bazay, en 2003. Ce dernier avait commenté une plainte déposée par l’Association du Falun Dafa concernant la diffusion par la CBC d’une « nouvelle » produite par la CCTV, la station opérée par le régime chinois, qui accusait de meurtre un pratiquant de Falun Gong en Chine. La CBC a dû diffuser une correction. M. Bazay a déclaré que, parce que les pratiquants de Falun Gong sont victimes de persécution, il y a « d’autant plus de raison, dans les reportages futurs, de porter une plus grande attention pour refléter les points de vue pertinents dans un contexte pertinent ».
9. Préoccupations concernant la couverture passée des prélèvements d’organes par la SRC
Il est déjà très inquiétant de constater la couverture que fait la SRC des prélèvements d’organes dans cette émission. C’est encore plus inquiétant lorsqu’on remarque que la chaîne d’État semble incapable de traiter la question de manière impartiale, et ce, à répétition.
Comme nous l’avons mentionné précédemment, le 8 août 2007, soit un an avant le début des Jeux olympiques de Pékin, la SRC avait interviewé David Kilgour, pour un segment aux nouvelles de 22 h, afin de connaître sa position sur les Jeux. M. Kilgour a discuté de long en large des détails de son enquête sur les prélèvements d’organes sur les pratiquants de Falun Gong en Chine. Toutefois, en faisant le montage du segment de nouvelle, la SRC a censuré les mots de Kilgour lorsqu’il mentionne que le Falun Gong est victime de prélèvements d’organes. La SRC a plutôt inséré une référence aux victimes de ce crime comme étant de simples prisonniers politiques. Ce n’est pas une révélation que l’industrie de transplantation de la Chine utilise les organes des prisonniers exécutés – l’importance du rapport Kilgour vient du fait qu’il révèle que plusieurs des victimes sont des prisonniers de conscience du Falun Gong, la plupart ont été emprisonnés sans procès et pour la seule raison de leurs croyances. Les commentaires des Nations Unies, publiés le 21 novembre 2008, soulignent spécifiquement que les pratiquants de Falun Gong sont victimes des prélèvements d’organes. La SRC n’a pas de problème à parler des prélèvements d’organes, aussi longtemps qu’elle peut taire la possibilité que les pratiquants de Falun Gong fassent partie des victimes.
Le 6 novembre 2007, la CBC (le réseau anglophone de la SRC) devait diffuser un documentaire indépendant intitulé Beyond the Red Wall: The Persecution of Falun Gong. Après plusieurs années de production, le documentaire a été retiré de la programmation quelques heures seulement avant sa diffusion. Les médias internationaux ont rapporté que la CBC avait retiré le documentaire des ondes après avoir reçu un appel de l’ambassade chinoise d’Ottawa leur demandant de ne pas diffuser. La CBC a, par la suite, retouché substantiellement le documentaire, diffusant la nouvelle version deux semaines plus tard. Dans le documentaire modifié, les preuves appuyant les allégations des prélèvements d’organes sur les pratiquants de Falun Gong qui sont prisonniers de conscience avaient été en majeure partie supprimées, tout comme le segment remettant en question s’il était moral d’avoir accordé les Jeux à la Chine (Jeux pour lesquels la SRC était le diffuseur officiel). Par exemple, une des séquences supprimées incluait l’écoute d’un enregistrement d’une conversation téléphonique avec un employé d’un hôpital chinois qui admettait vendre des organes des pratiquants de Falun Gong. Cependant, les négations du gouvernement chinois à propos de ce crime avaient été conservées dans l’émission modifiée et un nouveau commentaire des producteurs de CBC avait été ajouté, disant encore une fois qu’Amnesty International n’avait pas confirmé les allégations (tout en taisant le fait que plusieurs organisations respectables et plusieurs experts appuient le rapport Kilgour-Matas).
10. La SRC influencée par le régime communiste chinois ?
Dans la réponse à notre première lettre, la directrice du traitement des plaintes affirme que toute suggestion que le contenu éditorial a été influencé par le régime de Pékin constitue des « allégations sans fondement ».
Alors que nous souhaiterions bien que ce soit le cas, il n’est pourtant pas déraisonnable que les pratiquants de Falun Gong et d’autres téléspectateurs informés soient préoccupés par cette possibilité. Voici pourquoi :
• Les points ci-dessus mentionnés concernant la censure flagrante et répétitive de la question des prélèvements d’organes dans un documentaire indépendant, des reportages de nouvelles et l’émission Enquête.
• La couverture biaisée et trompeuse d’Enquête comme démontrée dans cette plainte.
• Le fait que la SRC se soit immédiatement pliée aux demandes du régime chinois en retirant des ondes et en modifiant un documentaire indépendant, Beyond the Red Wall, seulement quelques heures avant sa diffusion, et n’a pas tenu compte des plaintes du Falun Gong après la diffusion de Malaise dans le Chinatown, rediffusant même l’émission deux autres fois dans les jours suivants.
• La pression que la SRC admet avoir reçue du régime chinois, incluant des appels téléphoniques et des pressions sur son personnel journalistique en Chine.
• Le fait que l’émission Enquête démontre clairement que la SRC n’a pas tenu compte des recommandations de l’ombudsman demandant que les producteurs s’assurent que le contexte convenable et les points de vue pertinents soient inclus lorsqu’on aborde le Falun Gong.
En janvier 2008, le site de la SRC en Chine a été bloqué par les autorités chinoises. Comme mentionné dans un reportage de la société daté du 4 avril 2008, la SRC a affirmé penser que le blocage était attribuable à la diffusion de Beyond the Red Wall, qualifié de « documentaire controversé sur le Falun Gong » dans le reportage. Ce dernier indiquait que le régime chinois jugeait que le documentaire était « beaucoup trop sympathique [au Falun Gong] ».
Dans une lettre de protestation à l’ambassade chinoise, la SRC a qualifié le blocage de « question de la plus grave importance » et le directeur du service des nouvelles de la CBC, John Cruickshank, a déclaré : « C’est une situation que nous ne pouvons plus permettre qu’elle se poursuive. »
Nous notons que les producteurs d’Enquête ont commencé à contacter les pratiquants de Falun Gong à la fin de janvier, au moment où le site Internet de Radio-Canada était bloqué en Chine.
Nous soulignons également qu’il est frappant de constater la manière avec laquelle la SRC s’attaque à des aspects précis du Falun Gong et à ses actions contre la persécution, car c’est exactement les mêmes points utilisés par le régime chinois dans sa propagande. La SRC s’y prend également de la même manière, en utilisant la spéculation, l’insinuation et la fabrication de toutes pièces. Nous faisons remarquer aussi que la SRC évite de parler des multiples formes de preuve de la persécution, de même que des preuves détaillées contenues dans le rapport sur les prélèvements d’organes, à l’instar du régime chinois. Ce dernier n’a jamais réfuté un seul point du rapport Kilgour-Matas, se contentant de dire qu’il s’agit de « mensonges ».
Conclusion
L’émission Enquête ne se conforme pas à la réputation d’intégrité journalistique de la SRC. Elle ne respecte pas non plus l’esprit des Normes et pratiques journalistiques de la SRC.
Afin de rectifier l’impression négative créée par cette émission, il n’est pas suffisant pour les responsables de la programmation de la SRC de simplement nier toute influence du régime chinois et de nier quelconque erreur et inconduite de leur part. La SRC devra démontrer de la justesse et corriger les fausses perceptions et le mal qu’elle a causés en compensant pour son émission trompeuse, déséquilibrée et discriminatoire.
Nous croyons que, en réparation au dommage causé à la communauté du Falun Gong, la SRC doit publier une rétractation et des excuses pour la diffusion de l’émission qui, selon nous, était trompeuse, dommageable et une expression d’intolérance religieuse. Nous croyons aussi que la SRC doit à ses téléspectateurs, et à ceux touchés par l’émission Enquête, une clarification des nombreux points trompeurs présentés dans l’émission et, en particulier, un juste examen des allégations de prélèvements d’organes et du travail effectué par MM. Kilgour et Matas.
Ceci dit, nous sommes encouragés par votre accord de nous rencontrer afin de discuter de l’affaire. L’émission Enquête a mal dépeint le Falun Gong, les représentants de notre association et les évènements qui se sont déroulés à Montréal, comme nous l’avons expliqué plus haut. Nous espérons que vous comprendrez qu’il est dans l’intérêt de la justesse, de la décence et de l’honnêteté que ces questions soient clarifiées aux téléspectateurs de la SRC.
Veuillez agréer, chère Madame, mes meilleures salutations.
Xun Li
Président de l’Association du Falun Dafa du Canada
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42. http://faluninfo.net/displayAnArticle.asp?ID=8962
AFP : L’ONU déplore le recours «routinier à la torture» en Chine
Prélèvements d’organes sur les pratiquants de Falun Gong en Chine – qui dit vrai? Les Nations Unies ou Radio-Canada? Une chose est certaine, l’émission Enquête de Radio-Canada ne daigne pas considérer l’opinion du Comité contre la torture des Nations Unies. Pourquoi? Pourquoi? POURQUOI???
Extrait d’un article d’Agence France-Presse du 21 novembre 2008 :
Le Comité anti-torture a également évoqué les allégations de tortures et de prélévements d’organes aux fins de transplantation sur des adeptes de la secte Falun Gong. Les experts ont noté avec le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Manfred Nowak, que «l’augmentation du nombre d’opérations de greffes d’organes coïncide avec le début de la persécution (contre les adeptes du Falun Gong)».
Le travail de Radio-Canada pour un reportage biaisé
Le 2 mai 2008, les pratiquants de Falun Gong organisent un rassemblement sur la Colline parlementaire à Ottawa pour protester contre les arrestations massives des adeptes en Chine à l’occasion de la préparation des Jeux de Pékin.
Le secrétaire général d’Amnesty International Canada, Alex Neve, est présent pour donner son appui, de même que le député libéral Borys Wrzesnewskyj et l’ex-diplomate canadien Brian McAdam.

Alex Neve d'Amnesty Canada prononce un discours, tandis que Brian McAdam, Borys Wrzesnewskyj et Xun Li écoutent.
Le président de l’Association de Falun Dafa du Canada, Xun Li, est aussi présent. Ce dernier ne semble pas craindre les médias, comme le laisse entendre Radio-Canada.
À cette période de l’année, Radio-Canada avait déjà commencé à produire son reportage sur le Falun Gong et les intentions de Solveig Miller et Léon Laflamme, journaliste et réalisateur à l’émission Enquête, étaient claires : il faut dépeindre le Falun Gong comme un groupe étrange, isolé, marginal, qui ne dispose pas d’appui dans la société.
Ce n’est pas que Radio-Canada n’était pas sur place à cet événement. Un caméraman et un preneur de son y étaient. Mais ils n’étaient pas intéressés par les beaux discours pour les droits de l’homme.
Alors voici une photo de l’équipe de Radio-Canada envoyée sur les lieux. Notez leur intérêt particulier lorsque des policiers de la GRC sont venus discuter avec les organisateurs de l’événement.

Un caméraman et un preneur de son de Radio-Canada sont très intéressés par la présence des policiers.
L’émission Enquête n’avait que faire des tonnes d’arrestations de pratiquants de Falun Gong en Chine. Elle n’avait que faire des discours de personnalités reconnues. Mais oh! des policiers, c’est chaud! Ces scènes n’ont toutefois pas été diffusées par Radio-Canada, car il n’y avait rien de sensationnel là.
Solveig Miller suggère que le Falun Gong a accompli un exploit en dénichant l’appui de l’ex-parlementaire David Kilgour, comme si leur cause était farfelue et qu’il était étrange qu’un politicien veuille s’y associer.
Une autre fabrication péjorative d’Enquête.
Voici des individus ayant apporté leur soutien au Falun Gong ces dernières années.
Utilisation sélective des propos des intervenants
Les deux seuls intervenants dans le reportage qui sympathisent avec le Falun Gong et dont les propos sont diffusés, David Ownby (professeur à l’Université de Montréal) et David Kilgour, affirment que leurs paroles ont été utilisées sélectivement et de manière à ne pas représenter leur vraie position.
Kilgour a déclaré à La Grande Époque :
«Je dirais que [...] l’émission a été fortement injuste envers les gens qui sont préoccupés par la question des vols d’organes sur le Falun Gong. David Matas et moi-même avons voyagé dans environ 45 pays pour parler de cette affaire et je crois que je peux dire que je n’ai jamais vu une représentation aussi injuste de notre position.»
«Lorsque j’étais journaliste, nous étions supposés essayer d’accorder un traitement égal aux deux parties et, concernant cette émission, il et clair qu’il n’y a eu aucune tentative d’accorder un traitement égal aux deux parties.»
Moyens financiers importants ?
« […] notre enquête nous a permis de découvrir que le Falun Gong est au contraire très bien organisé et qu’il dispose de moyens financiers importants. Leur fanfare est leur carte de visite », affirme Solveig Miller. Puisque Mme Miller parle de la fanfare, autant utiliser cet exemple pour défaire l’assertion que le Falun Gong est hautement organisé et qu’il est riche à craquer. La fanfare a un coordonnateur qui planifie les pratiques et les évènements. C’est tout pour l’organisation. En plus, tous les membres de la fanfare paient avec leur propre argent leur instrument et leur costume. En somme, les « moyens financiers importants » sont une invention d’Enquête, non une trouvaille. Il est interdit dans le Falun Gong de solliciter des fonds des pratiquants et la méthode est enseignée gratuitement. Et, s’il y a des coordonnateurs locaux, ceux-ci n’ont aucun statut particulier.
Le Falun Gong et les médias
À plusieurs reprises, Radio-Canada affirme que le Falun Gong se terre dans le secret et craint les médias, ce qui est faux. Solveig Miller a omis de dire dans son reportage qu’elle a discuté plusieurs heures avec Lucy Zhou, porte-parole de l’Association de Falun Dafa du Canada, de même qu’avec d’autres pratiquants montréalais. Ceux-ci ont refusé d’être interviewés devant la caméra lorsqu’il est devenu évident que Miller et Laflamme n’avaient aucune intention de produire un reportage objectif. L’émission Enquête n’était pas intéressée à parler de la persécution, une mise en contexte essentielle lorsqu’on aborde le Falun Gong. Collaborer n’aurait donné qu’un semblant d’objectivité au reportage de Radio-Canada. Notons que c’était la première fois que l’Association de Falun Dafa du Canada refusait une interview avec les médias, elle qui tient régulièrement des conférences de presse, notamment au sein de l’édifice du Parlement à Ottawa.

- Peur des médias? Le caméraman de Radio-Canada filme Xun Li, président de l’Association de Falun Dafa du Canada, au mois de mai 2008 sur la Colline parlementaire à Ottawa. Radio-Canada n’a pas utilisé ces séquences dans son reportages sur le Falun Gong, de manière à soutenir son argument que le Falun Gong “a peur des médias”.
Radio-Canada courbe l’échine devant Pékin, encore
COMMUNIQUÉ
Pour diffusion immédiate
Association de Falun Dafa du Canada
Radio-Canada courbe l’échine devant Pékin, encore
Des experts conviennent que le documentaire sur le Falun Gong était injuste
3 novembre 2008 – La CBC avait été sévèrement critiquée en novembre 2007 pour avoir retiré des ondes, puis ensuite édité substantiellement, un documentaire indépendant intitulé Beyond the Red Wall, traitant de la persécution du Falun Gong par le régime communiste en Chine. C’est Radio-Canada qui, cette fois, est suspectée de s’est pliée au régime chinois en produisant un documentaire biaisé qui attaque le Falun Gong.
Le 30 octobre 2008, Radio-Canada a diffusé durant son émission Enquête un reportage intitulé Malaise dans le Chinatown. Le documentaire offre une perspective progouvernement chinois sur le Falun Gong, avec d’amples distorsions et déformations.
« L’émission est une pièce de propagande qui met le blâme sur les victimes et blanchit les auteurs de la persécution », estime Lucy Zhou, porte-parole du Falun Gong. « Ce n’est pas le genre de truc qu’on s’attend à voir à Radio-Canada, financée par les fonds publics et supposée se conformer à des standards éthiques élevés. »
« Considérant à quel point le reportage de Radio-Canada était biaisé, je suis inquiète que cela ait été fait pour retomber dans les bonnes grâces du régime », ajoute Lucy Zhou.
En janvier 2008, le régime chinois a bloqué le site Internet de Radio-Canada en Chine. Radio-Canada a reconnu qu’elle croyait que c’était le résultat direct de sa diffusion de Beyond the Red Wall. En février 2008, des journalistes de Radio-Canada ont commencé à contacter la communauté du Falun Gong pour produire un documentaire sur le Falun Gong à Montréal.
L’Association de Falun Dafa a contacté Radio-Canada vendredi dernier pour lui demander de mettre fin à son attaque contre un groupe persécuté par le régime chinois. Cependant, rien n’a été fait pour arrêter deux diffusions subséquentes du reportage durant la fin de semaine.
En novembre 2007, le documentaire Beyond the Red Wall a été retiré de la programmation de CBC trois heures seulement avant sa diffusion en raison de pressions de l’ambassade de Chine. Maintenant, lorsqu’un groupe minoritaire canadien se plaint d’un documentaire offensif et clairement biaisé, produit avec l’argent des fonds publics, Radio-Canada ignore la plainte et poursuit la diffusion de l’émission. Radio-Canada sert les intérêts de qui? Des citoyens canadiens ou du régime chinois?
Ce n’est pas la première fois que Radio-Canada est accusée d’être biaisée dans ses reportages sur le Falun Gong.
Il y a quatre ans, l’ombudsman David Bazay a répondu à notre plainte concernant la diffusion par Radio-Canada d’une nouvelle de propagande concoctée par le régime chinois qui accusait le Falun Gong de tuer des mendiants en Chine. Radio-Canada avait dû se corriger. Il a conclu en disant que, parce que le Falun Gong a été rapporté comme victime de persécution, il y avait « d’autant plus raison, dans des reportages subséquents, d’être plus attentif de présenter les points de vue pertinents dans le contexte pertinent ».
Toutefois, en portrayant le Falun Gong comme une cause de discorde dans la communauté chinoise, Malaise dans le Chinatown donne de la crédibilité aux efforts du régime communiste chinois pour éradiquer le Falun Gong.
La lettre en annexe souligne certaines de nos préoccupations concernant le documentaire de Radio-Canada. L’AFDC (Association de Falun Dafa du Canada) demande à Radio-Canada de corriger cette émission dommageable. Il ne s’agit pas simplement d’une violation majeure de l’éthique journalistique et de l’équilibre dans le traitement de l’information, mais cela donne des munitions à un régime dictatorial qui veut réprimer et isoler une minorité ici même au Canada. Il est répugnant de constater que Radio-Canada puisse produire un documentaire aussi biaisé qui s’en prend à un groupe déjà persécuté. L’ampleur de la désinformation dans le reportage, et la soumission précédente de Radio-Canada au gouvernement chinois, ne peuvent que soulever de sérieux doute quant aux intentions mêmes derrière le reportage. Voici le lien contenant les opinions d’experts indépendants sur le reportage, dont eux-mêmes font partie :
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Association de Falun Dafa du Canada
Lucy Zhou, (613) 599-7494
Joel Chipkar, (416) 731-6000








