Radio-Canada ne respecte pas l’éthique journalistique
Le 30 octobre 2008, l’émission Enquête de Radio-Canada a diffusé un reportage intitulé Malaise dans le Chinatown. Présenté comme le résultat d’une investigation approfondie, le reportage de Solveig Miller et Léon Laflamme est en fait une attaque presque non voilée contre le groupe spirituel Falun Gong. Commentaires dénigrants, message à sens unique, utilisation sélective des propos des intervenants, distorsions de la vérité, Malaise dans le Chinatown ne respecte pas l’éthique journalistique de manière flagrante.
Une deuxième plainte contre Radio-Canada pour ses pratiques malhonnêtes a été déposée le 27 novembre 2008 >>>
Ce blog a été mis en ligne par un pratiquant de Falun Gong montréalais et il a pour but de faire lumière sur le reportage de Radio-Canada, d’exposer les intentions négatives de ses producteurs et de rétablir les faits. Il va évoluer au fur et à mesure que différents éléments de preuve sont rassemblés pour démontrer à quel point Radio-Canada a mis l’éthique journalistique au rencart pour s’adonner à un réquisitoire contre le groupe spirituel Falun Gong.
Pour débuter, voici certains des thèmes abordés :
- Les faits sur les prélèvements d’organes forcés sur les pratiquants de Falun Gong par le régime communiste chinois >>
- Radio-Canada ignore volontairement la persécution du Falun Gong en Chine >>
- Le Falun Gong a-t-il peur des médias? >>
- Moyens financiers importants? Une invention de Radio-Canada >>
- Crescent Chau, un homme qui coopère bien avec la journaliste Solveig Miller, mais qui publie de la propagande de haine contre le Falun Gong à Montréal >>
- S’il y avait deux sympathisants du Falun Gong dans le reportage, ils affirment tous deux que leurs propos ont été utilisés sélectivement par Enquête >>
- Pourquoi les termes les plus péjoratifs proviennent de la bouche de Radio-Canada, et non des intervenants? >>
Prélèvements d’organes : les faits
Enquête suggère que les allégations de prélèvements d’organes forcés sur des pratiquants de Falun Gong en Chine sont une « forme de propagande des dirigeants du mouvement ». David Kilgour, ex-parlementaire canadien spécialiste de la question, a été interviewé pendant 20 minutes par l’équipe d’Enquête. Or, seulement quelques-uns de ses mots ont été diffusés et aucune preuve avancée par son rapport Prélèvements meurtriers n’a été mentionnée. Radio-Canada n’a pas jugé bon de mentionner que Manfred Nowak, rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, accorde de la crédibilité aux allégations de trafic d’organes (Voir AFP sur le rapport du Comité contre la torture des Nations-Unies >>>) et que le rapport Kilgour-Matas sur le sujet a entraîné une série d’actions sur la scène internationale. Notamment : trois compagnies d’assurance israéliennes ont cessé d’envoyer des patients en Chine pour les transplantations; le gouvernement australien a demandé la tenue d’une enquête indépendante; la British Transplantation Society se dit inquiète des prélèvements d’organes forcés en Chine; etc. Plus d’info >>
Le plus troublant, c’est que cette tentative d’étouffer l’affaire des prélèvements d’organes forcés n’est pas une première à la SRC-CBC. Les faits documentant ce crime avaient été effacés du documentaire Beyond the Red Wall diffusé à CBC en novembre 2007.
Quant aux soi-disant positions « contre » l’existence des prélèvements forcés, elles ont eu un temps d’antenne disproportionné. Ces positions ont dû être cuisinées par Mme Miller et M. Laflamme pour appuyer leur vision des choses. D’une part, Miller affirme que les pratiquants de Falun Gong indiquent sur un de leurs dépliants qu’Amnesty International et Human Rights Watch appuient les allégations de trafic d’organes, ce qui est entièrement faux. Ledit dépliant contient des citations de ces deux ONG concernant la persécution en général contre le Falun Gong, et non le cas particulier des prélèvements.
Miller essaye ainsi de faire croire que le Falun Gong a menti en prétendant avoir l’appui des ONG sur les allégations. D’autre part, Harry Wu (expert sur les camps de travail forcé en Chine) réfute seulement un seul des éléments de l’affaire des prélèvements, soit le cas entourant l’hôpital de Sujiatun à Shenyang. Il n’a absolument pas enquêté sur cette affaire à travers la Chine et n’a jamais réfuté les points amenés par le rapport Kilgour-Matas. Enquête a manipulé les propos de M. Wu et d’Amnesty pour supporter sa conception des choses.
La persécution sous le tapis
Enquête ne cherche aucunement à mettre en relief la persécution du Falun Gong. Le seul élément de la persécution qui est mentionné est discrédité sans argument valable, comme mentionné ci-haut. Selon Manfred Nowak, les pratiquants de Falun Gong en Chine comptent pour 66 % des cas de torture allégués, et il juge que la torture est « répandue » en Chine. Plus de 3000 adeptes ont été torturés à mort. Selon le Département d’État américain, les pratiquants de Falun Gong composent la moitié des prisonniers dans les camps de travail forcé, soit une population de plusieurs centaines de milliers. Ils sont condamnés la plupart du temps sans procès, et les avocats désirant les défendre sont persécutés à leur tour, comme l’illustre Gao Zhisheng qui a été considéré pour le prix Nobel de la paix cette année.
Le Falun Gong et les médias

Conférence de presse de l'Association de Falun Dafa du Canada, en mai 2008 au Parlement à Ottawa.
À plusieurs reprises, Radio-Canada affirme que le Falun Gong se terre dans le secret et craint les médias, ce qui est faux. Solveig Miller a omis de dire dans son reportage qu’elle a discuté plusieurs heures avec Lucy Zhou, porte-parole de l’Association de Falun Dafa du Canada, de même qu’avec d’autres pratiquants montréalais. Ceux-ci ont refusé d’être interviewés devant la caméra lorsqu’il est devenu évident que Miller et Laflamme n’avaient aucune intention de produire un reportage objectif. L’émission Enquête n’était pas intéressée à parler de la persécution, une mise en contexte essentielle lorsqu’on aborde le Falun Gong. Collaborer n’aurait donné qu’un semblant d’objectivité au reportage de Radio-Canada. Notons que c’était la première fois que l’Association de Falun Dafa du Canada refusait une interview avec les médias, elle qui tient régulièrement des conférences de presse, notamment au sein de l’édifice du Parlement à Ottawa.

Peur des médias? Le caméraman de Radio-Canada filme Xun Li, président de l'Association de Falun Dafa du Canada, au mois de mai 2008 sur la Colline parlementaire à Ottawa. Radio-Canada n'a pas utilisé ces séquences dans son reportages sur le Falun Gong, de manière à soutenir son argument que le Falun Gong "a peur des médias".
Moyens financiers importants ?
« […] notre enquête nous a permis de découvrir que le Falun Gong est au contraire très bien organisé et qu’il dispose de moyens financiers importants. Leur fanfare est leur carte de visite », affirme Solveig Miller. Puisque Mme Miller parle de la fanfare, autant utiliser cet exemple pour défaire l’assertion que le Falun Gong est hautement organisé et qu’il est riche à craquer. La fanfare a un coordonnateur qui planifie les pratiques et les évènements. C’est tout pour l’organisation. En plus, tous les membres de la fanfare paient avec leur propre argent leur instrument et leur costume. En somme, les « moyens financiers importants » sont une invention d’Enquête, non une trouvaille. Il est interdit dans le Falun Gong de solliciter des fonds des pratiquants et la méthode est enseignée gratuitement. Et, s’il y a des coordonnateurs locaux, ceux-ci n’ont aucun statut particulier.
Mais qui est Crescent Chau ?
« Crescent Chau est propriétaire d’un des plus vieux hebdomadaires du quartier. Au pays depuis plus de 30 ans, il est le premier Chinois de sa communauté à affronter publiquement le Falun Gong. » Voilà comment est présenté l’homme instigateur du conflit au Chinatown de Montréal. Solveig Miller le présente comme une victime, alors qu’il répand sans cesse la haine contre le Falun Gong à Montréal. Miller le laisse même affirmer qu’il a reçu une « menace de mort » du Falun Gong, alors qu’il n’a aucune preuve et la police non plus. Les pratiquants de Falun Gong respectent leur principe de compassion et, en neuf années de dure persécution, ils n’ont jamais répliqué par la violence. Ils savent que ceux qui les persécutent sont trompés par les mensonges du Parti communiste chinois.
Quant à M. Chau, qui se défend d’être un agent du régime chinois, « Il est clair que Les Presses Chinoises coopèrent avec l’ambassade chinoise et les consulats et qu’elles sont devenues l’homme de main et l’outil de propagande pour le Parti communiste chinois ici [au Canada] », affirme Chen Yonglin, ex-diplomate du consulat chinois de Sydney, qui a fait défection parce qu’il ne voulait plus participer à la persécution du Falun Gong en Australie.
Utilisation sélective des propos des intervenants
Les deux seuls intervenants dans le reportage qui sympathisent avec le Falun Gong et dont les propos sont diffusés, David Ownby (professeur à l’Université de Montréal) et David Kilgour, affirment que leurs paroles ont été utilisées sélectivement et de manière à ne pas représenter leur vraie position.
Autres propos dénigrants et/ou tendancieux de la SRC
Étrangement, les commentaires péjoratifs pour décrire le Falun Gong proviennent majoritairement de l’équipe d’Enquête.
Selon Solveig Miller, la « présence [du Falun Gong] dans nos villes crée un certain malaise ». Alain Gravel, animateur d’Enquête, donne le ton du reportage en affirmant, dès les premières secondes, que le Falun Gong « suscite beaucoup de méfiance à l’extérieur de la Chine ». Mme Miller renchérit : « […] un mouvement religieux peu connu et omniprésent qui dérange… »
« L’arrivée des adeptes du Falun Gong [à Montréal] bouscule une paix fragile », laisse entendre Mme Miller. En fait, le Falun Gong est présent à Montréal depuis 1996. Jusqu’avant le début de sa persécution en Chine en 1999, il n’y avait aucune friction dans la communauté. Après 1999, la campagne de propagande du régime communiste chinois pour éliminer le Falun Gong s’est retrouvée dans les médias chinois montréalais. Le journal Les Presses Chinoises de Crescent Chau est ouvertement en « croisade » contre le Falun Gong et publie régulièrement des articles et des éditions entières qui invitent la communauté chinoise à éradiquer le Falun Gong du Canada. Les articles qu’il publie ne sont qu’une propagande haineuse diffamatoire et sans aucun fondement – alléguant que les adeptes de Falun Gong à Montréal boivent du sang, pratiquent la bestialité, se prostituent, s’automutilent, etc. – qui continue d’infecter la communauté, créant un climat d’hostilité envers le Falun Gong. David Ownby, expert ayant témoigné pour le Falun Gong dans le procès contre Les Presses Chinoises, estime que les articles de Crescent Chau sont une « saleté sans fondement versée sur la page ».
Cette réalité a été complètement passée sous le silence par Solveig Miller et Léon Laflamme dans leur reportage, bien qu’ils la connaissent.
Le réquisitoire de Mme Miller contre le Falun Gong prétend apporter des « preuves » qui ont pour objectif de susciter la méfiance envers le groupe. Une de celles-ci est particulièrement intéressante tellement elle relève de l’extrapolation. Miller affirme : « À Montréal, ils installent leurs quartiers généraux au cœur du Chinatown, dans un immeuble appartenant à un ennemi de la Chine communiste : le Kuo Min Tang, le parti au pouvoir à Taiwan. » Ledit immeuble est un immeuble à appartements. Un pratiquant de Montréal loue une unité, comme un simple locataire, et la met à la disposition des pratiquants du Falun Gong pour leurs activités. Ceux qui connaissent l’Asie savent que le Kuo Min Tang s’est fait élire à Taiwan dernièrement en promettant de renouer les liens avec Pékin. « Ennemi de la Chine communiste » était peut-être vrai avant, mais plus maintenant. Miller tente en fait de suggérer qu’il y a certains liens entre le Falun Gong, Taiwan ou le Kuo Min Tang, en présentant une « preuve » sans fondement.
Le Falun Gong est un mouvement spirituel comprenant des exercices de méditation et ses valeurs sont authenticité-compassion-tolérance. Il est parmi les groupes les plus persécutés en Chine. Présent à l’étranger, ses adeptes font beaucoup d’efforts pour faire connaître leur cause afin que cesse la persécution.

I found this is a good article
CBC: Pleae stop bullying Falun Gong!
By Editor Tuesday, November 11, 2008
I just finished watching the report broadcasted by CBC: Malaise dans le Chinatown/Enquete and what an appalling report that was! I almost couldn’t believe my eyes that our very own CBC, which is supposed to be a decent national broadcaster, would produce something as derogatory as this. Let me explain–the eerie music, weird camera angles, except for Mr. Crescent Chau of La Presse Chinoise and all his friends, all the other characters in the program were portrayed as secretive and strange, and the most demonized group, of course, was Falun Gong. What I can’t understand is how could CBC manipulate such a report and present this as factual information to its Canadian audience. After all the Falun Gong is a well known and well-respected spiritual group across the world, except for China where its followers are tortured and even killed for their belief.
The whole program is reminiscent of the reports that one would see in China vilifying Falun Gong to legitimize the perpetrators’ persecution (of Falun Gong). And the most incredible thing, Crescent Chau, the man who was asked twice by the court to stop slandering Falun Gong and both times has violated this order, was portrayed as a victim. There is definitely something wrong with the picture.
From what I can see, the Falun Gong group who go to Chinatown to raise awareness to the persecution is a very small and vulnerable group: it looks like half of the members are seniors and the majority of the group are women, also some children and westerners. They merely meditate or tell the facts of the persecution to passers-by. Very peaceful energy!
But it is clear to me that this show will basically ruin the reputation of Falun Gong across Canada. That is a high price to pay for victims who are trying to stop genocide of their counterparts in China.
So please CBC, I think you owe a sincere apology to this peaceful group of human rights fighters. At the very least I would hope that CBC would think again before producing such misleading programs. All things considered it makes one wonder whether CBC was hired by the Chinese Embassy to produce this piece of propaganda empathising with the regime’s persecutors instead of the victims. For decades dictators have used hate propaganda to justify their crimes and CBC shouldn’t be used to fuel their genocidal campaigns.
Chris Lee, Montreal
http://canadafreepress.com/index.php/article/6218
mapleleafforever2008
novembre 16, 2008 à 1:47
The CBC was obviously misled into believing that Falun Dafa could be anything but a good practice. From what I understand it is being practiced by tens of millions of people the world over and it is being horribly persecuted by the Chinese Communist Party.I feel that the CBC will soon realize that they have been sadly misinformed. Thank you.
jeff forsythe
novembre 16, 2008 à 6:48
I agree with maple leaf, the eerie music and camera angles were totally uncalled for. Before I watched that show, I didn’t know the CBC could be so sleazy. I mean, if Falun Gong people were criminals it would be a bit understandable, but from what I have read, the Chinese newspaper man is the actual criminal so that makes it all the weirder.
I do not know why the CBC felt to make such a sleazy “enquete” hating on Falun Gong. SOme say it is to please the CCP. I hope not, but what other explanation for such a weird thing? Does this please viewers? Since the CBC is with the Canadian government, I see that it is a possibility that this is to do with links with the Chinese government.
carryanne
novembre 17, 2008 à 12:57